Des visites guidées contre des cours d’anglais

Jack Ma (de son vrai nom Ma Yun) est né à Hangzhou en 1964, dans une Chine communiste repliée sur elle-même. Lorsqu’il est adolescent, sa famille pauvre doit entretenir ses 3 enfants, alors Jack Ma acomplit des petits boulots en tout genre pour subvenir à ses besoins. Dans ce contexte, il profite de l’ouverture progressive de son pays pour proposer, en pleine rue, des visites guidées à des touristes étrangers. Face à une demande croissante, Jack Ma offre ses services à certains clients en échange de cours d’anglais. C’est d’ailleurs l’un de ses
« professeurs-touristes » qui lui attribue le surnom de « Jack » que Ma Yun conservera toute sa vie en s’appelant « Jack Ma ».

Des tentatives professionnelles et scolaires qui n’aboutissent pas

Diplômé du baccalauréat, parlant couramment anglais, le jeune Jack Ma postule à l’Université, mais sa demande est rejetée. Après deux tentatives, il intègre l’université normale de Hangzhou et obtient un diplôme en 1988. Après cette réussite, il sollicite de nombreuses écoles et entreprises, pour des petits boulots ou du travail de bureau, partant du principe que toute expérience est bonne à prendre, mais il peine à se faire recruter. L’homme d’affaires qu’il est devenu aime à raconter cette époque où il postulait à toute sorte d’emplois et d’écoles et où il était recalé chaque jour un petit peu plus : recalé de l’école de police, recalé du célèbre fast-food KFC pour un poste de serveur, recalé d’une mission de livreur et recalé 10 fois de l’Université Harvard ! Durant cette période difficile, Jack Ma créé sa première entreprise : une agence d’interprètes. Il est quand même embauché comme professeur d’anglais dans une université locale où il ne gagne que 12 dollars par mois. Il y rencontrera sa future épouse Zhang Ying.

Sa première requête sur Internet : le mot « bière »

En 1995, Jack Ma, sollicité comme traducteur pour accompagner une entreprise chinoise aux États-Unis, découvre, subjugué, la Silicon Valley et le fonctionnement d’Internet. Sa première requête sur un moteur de recherche sera le mot « bière », et son premier constat, l’absence de produits chinois dans les résultats. 4 ans plus tard, il réunit quelques amis dans une chambre d’hôtel et les convainc d’investir dans un projet qu’il mûrit depuis son voyage aux États-Unis et qu’il appelle « Ali Baba » : une plateforme de commerce en ligne dans laquelle les vendeurs affichent des listes de produits que les clients peuvent acheter en direct (principalement des vendeurs en gros).

De la création à l’opération Yahoo : Jack Ma devient l’homme le plus riche de Chine

Avec sa femme et quelques personnes, Jack Ma se lance à corps perdu dans le développement de son site. Il rencontre un succès rapide qui dépasse les frontières de la Chine, au point que Goldman Sachs accepte d’y investir 45 millions de dollars et SoftBank 20 millions de dollars. En 2005, Yahoo ! investit 1 milliard de dollars dans la société moyennant 40 % de participation. En 2014, Ali Baba introduit en bourse pour 150 milliards de dollars, fait de Jack Ma l’homme le plus riche de Chine.

Flirter avec le gouvernement et investir dans le vignoble français

Entre 2015 et 2019, l’homme d’affaires se consacre à plusieurs projets, entre autres aliexpress.com, un site de vente mondial pour des produits en gros et au détail. Il rachète également une partie du site américain ShopRunner ainsi que le quotidien South China Morning Post, un journal critique à l’égard du régime communiste. Jack Ma reste cependant en bonne entente avec le gouvernement chinois, « jouant avec les limites sans jamais les dépasser », selon le biographe Duncan Clark (dans son ouvrage « Alibaba. L’incroyable histoire de Jack Ma, le milliardaire chinois », aux éditions François Bourin).
Aujourd’hui, il vient tout juste de démissionner de la présidence du conseil d’administration d’AliBaba, cédant sa place à Daniel Zhang, l’actuel PDG de la société. Après sa décision faite le 10 septembre 2019, soit 20 ans jour pour jour après la création du site, à 55 ans, il souhaite désormais développer des projets éducatifs. Selon le magazine Forbes, sa fortune personnelle est estimée à 38.5 milliards de dollars, il a acquis un vignoble bordelais situé à Saint-Quentin-de-Baron (Gironde).

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