Les semaines de confinement que nous venons de vivre ont poussé le monde du travail tout entier à se réinventer. Afin d’assurer la continuité de leur activité, nombre d’entreprises – notamment dans le secteur de la Tech – ont ainsi généralisé la pratique du télétravail. Une révolution structurelle qui pourrait s’inscrire dans la durée si on en croit les dernières annonces de Facebook, Google ou encore Twitter pour ne citer qu’eux, et qui pose la question de l’utilité pour une entreprise de détenir des espaces de travail à disposition de ses collaborateurs. Pourtant, si la crise a mis en lumière les vertus d’un fonctionnement plus souple, un mode de travail en 100% remote ne doit pas devenir la norme…

Découverte à marche forcée du télétravail : plus de confiance et de liberté …

 La crise a poussé les entreprises les plus réticentes, ou celles qui n’avaient tout simplement pas encore sauté le pas, à la pratique du télétravail. Ce nomadisme imposé, s’il implique une digitalisation des processus internes, a permis à un grand nombre d’entreprises françaises de maintenir leur activité tout en respectant les mesures de confinement. Un travail à distance que le gouvernement souhaite d’ailleurs voir se poursuivre au moins jusqu’à fin mai pour les entreprises qui le peuvent. Dans un monde où l’incertitude règne, une telle flexibilité des méthodes de travail est un véritable atout, permettant désormais aux entreprises de service de faire face aux aléas en tout genre qui pourraient survenir à l’avenir : re-confinement, nouvelle crise sanitaire, période de grève des transports…

En ce qu’il prône une plus grande liberté d’aménagement du temps de travail, ce fonctionnement nomade peut et doit se pérenniser hors période de crise. Plus grande disponibilité lors de rendez-vous ou déplacements professionnels via la possibilité de travailler depuis un café, un aéroport ou tout autre lieu public ; amélioration de la productivité sur des tâches longues nécessitant une grande concentration ; ou encore flexibilité des horaires de bureau permettant plus de fluidité dans les transports, la prise de rendez-vous médicaux ou l’anticipation de départs en vacances… les avantages d’un tel mode de travail sont nombreux, tant pour l’activité de l’entreprise elle-même que pour l’expérience collaborateur et l’attractivité de la marque employeur ! Autant de vertus qui poussent les entreprises à réfléchir à la nécessité de conserver leurs locaux professionnels, ligne de coûts non négligeable dans leur budget souvent déjà bien entamé par la crise actuelle…

 … mais une pratique qui doit rester ponctuelle, ou tout du moins sporadique à temps plein !

Au-delà du fait qu’il existe certains métiers pour lesquels le télétravail n’est par nature pas possible, une généralisation du mode remote, ad vitam eternam et pour tous les départements de l’entreprise, n’est pas une solution idéale. Réaménagement des espaces de travail, mise à disposition de matériel sanitaire, souplesse dans les horaires, rotation des équipes… de nombreux ajustements sont à penser pour un retour progressif au bureau. Parce que, si la sécurité et la santé des collaborateurs est et sera toujours la priorité absolue des entreprises, si les évolutions managériales renforcées par la crise (flexibilité des horaires, souplesse, confiance, autonomie…) doivent devenir des acquis… la vie de bureau, essentielle en bien des points, doit reprendre son cours !

D’abord car une frange des collaborateurs – parce que souffrant d’isolement, étant moins à l’aise avec le travail à distance, ou ne disposant pas de bonnes conditions de travail à domicile – souhaitent revenir au bureau. Un critère social important en ce que, de la même manière que l’école doit permettre l’égalité des chances, l’entreprise doit assurer – plus encore que la meilleure expérience collaborateur possible – une égalité des conditions de travail à tous les salariés, et ce quelles que soient leurs ressources ou leur catégorie sociale.
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