Ancien militaire devenu à 57 ans manager de transition, Benoit Bescond vient d’être élu à la tête de l’Association des managers de transition*, plus connue sous le sigle de « A2MT », une association dont il a été un des membres fondateurs en juin 2013. Il nous dévoile dans cette interview exclusive la feuille de route 2015 de cette toute jeune association qui regroupe 70 managers de transition indépendants (sur un total estimé d’environ 1500 actifs). Son objectif : défendre les intérêts de ses adhérents et mieux faire connaître cette profession en plein essor, mais qui reste pour l’instant peu pratiquée : seulement 10% des chefs d’entreprise ont recours à un manager de transition en France contre 70% aux Pays-Bas !

Quelle est la feuille de route 2015 de l’A2MT ?

Nous avons fixé pour 2015 cinq priorités. La première : représenter la profession en développant une charte et un statut du manager de transition. Pour l’instant, notre profession n’est pas reconnue en tant que telle, c’est le Syntec Conseil qui nous représente alors que nous ne sommes pas des consultants mais des managers opérationnels. Deuxièmement : devenir l’organisme de référence pour l’emploi des managers de transition dans toutes les régions de France et demain en Europe. Aujourd’hui les managers de transition sont présents dans deux régions seulement : Ile-de-France et Rhône-Alpes. C’est pour cela que nous avons nommé un délégué régional basé à Lyon qui aura pour mission de développer le quart sud-est de la France ainsi que la vallée du Rhône.

Troisièmement : assurer la veille de l’évolution du marché du management de transition, notamment par la parution annuelle du baromètre. Quatrièmement : organiser des évènements sous forme de petits déjeuners thématiques, des groupes de travail, véritables think-tank, ou encore des afterworks. Enfin, nous souhaitons établir des liens de confiance avec les cabinets de management, d’out-placement ou de chasseurs de tête qui peuvent être des prescripteurs pour nous.

Pourquoi ne pas vous allier avec la Fédération nationale du management de transition ?

Cette fédération regroupe les principaux cabinets de transition qui ont des problématiques différentes des nôtres. Nous regroupons pour notre part des managers indépendants qui ont soit leur propre structure, soit travaillent en portage salarial et peuvent aussi être appelés pour des missions par des cabinets de transition. Si nous avons créé justement cette association, c’est pour défendre notre indépendance à laquelle nous sommes profondément attachés. Cela ne nous empêche pas de travailler en concertation avec la Fédération nationale du management de transition ou d’autres organismes qui sont des acteurs du management de transition.

En quoi le management de transition est-il adapté au monde moderne du travail ?

Le management de transition est particulièrement adapté aux nouvelles formes de travail que nous connaissons avec notamment la montée en puissance des missions plutôt que les contrats permanents ; le fonctionnement en mode « projet » avec la création d’organisations éphémères ; la diversité des modes d’approche du travail (expertise, conseil, coaching) ; ou encore les nouveaux rapports au commanditaire. Ce dernier, qui se trouve confronté à la rigidité des lois en matière du droit du travail a tendance à recourir à des formules plus souples comme le management de transition, mais aussi l’indépendant externe ou le travail à temps partagé. De plus, face à l’augmentation du chômage chez les séniors, le management de transition apparaît comme une véritable nouvelle source d’employabilité.
(Propos recueillis par Sophie Lhameen)

* Le nouveau bureau de l’A2MT, élu le 9 mai 2014, comprend : Benoit Bescond (président), Jean-François Delmas (vice-président et secrétaire général), Luis-Filipe Martins (vice-président et trésorier), Véronique Plessier Chauveau (chargée de mission communication), Pascal Dray (trésorier adjoint) et Philippe Auvieux (délégué régional Rhône-Alpes).



Article précédentCadre manager : le CDI, un contrat désuet
Article suivantCélébrez l’optimisme du 16 au 17 mai !
Sophie Lhameen, journaliste multimédia (web et print), a travaillé pendant 15 ans comme journaliste spécialisée sur l'Afrique avant de devenir en 2008, rédactrice en chef adjointe du magazine Le MOCI (Moniteur du commerce international) jusqu'en janvier 2013. Ses centres d'intérêt : l'entreprise, le management, les ressources humaines, l'emploi, l'économie, l'intelligence économique et de l'international. Google+