C’est un fait sans conteste. Pour être en mesure d’avoir une communication fluide en langues étrangères, il faut bien des cours, de la grammaire, du vocabulaire, travailler toutes les compétences (orales, écrites, actives, passives), pratiquer encore et encore. Et si possible, le tout au moyen de supports technologiques faciles d’utilisation et motivants afin de s’adapter à l’air du temps et de booster désir et plaisir d’apprendre.   

Et si pratiquer une langue relevait d’un autre défi que celui d’assimiler seulement ces compétences ?

Lorsqu’on travaille à l’international et qu’on doit s’exprimer souvent en langues, la fluidité et les acquis peuvent être mis à mal par des facteurs émotionnels.

Connaissez-vous des collègues ou des supérieurs qui se mettent en retrait au moment de s’exprimer en langue étrangère alors qu’habituellement ils ne le font pas ?

Avez-vous entendu parler de l’appréhension à communiquer en langue étrangère ?

Il s’agit d’une forme d’anxiété uniquement déclenchée par le processus d’acquisition d’une langue étrangère. Elle est indépendante de l’anxiété sociale ou d’autres types d’appréhensions liées à d’autres formes d’apprentissages. Elle porte le nom d’anxiété langagière.

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La plupart des chercheurs s’accordent pour dire que ses répercussions touchent tous les niveaux : de l’apprenant débutant à l’apprenant avancé. Elle peut se manifester en cours de langue, notamment en session de groupe (par peur de ne pas être à la hauteur ou d’être jugé sur son niveau par exemple)

En raison de sa découverte relativement récente à l’échelle des recherches, il arrive que même les meilleurs pédagogues en langue en ignorent son existence. Dans tous les cas, leurs pratiques professionnelles sont faites pour l’endiguer au sein de leurs cours. Leur objectif de moyens et de résultats est de faire progresser les apprenants en les mettant à l’aise grâce à des outils pédagogiques adaptés.

Elle peut être fonction des différentes compétences langagières bien qu’elle se manifeste le plus souvent en production orale. Plus l’anxiété est importante, plus les émotions psychologiques et/ou les réactions physiologiques perturbent « la concentration, l’attention et l’effort de l’apprenant en l’empêchant de maîtriser la tâche assignée » (Williams, 1991). Au-delà de ses répercussions sur la performance linguistique, on note également davantage de difficultés à prendre des décisions, à analyser des situations, ou à mémoriser.

L’anxiété langagière influe sur la performance en général 

On comprend donc qu’elle influe sur la performance en général :  loin d’être spécifique en contexte de la classe de langue, elle se retrouve dans tout acte de communication sociale et professionnelle.   

On comprend donc qu’il est tout à fait possible de ne pas y être sujet en cours, et cependant, d’en souffrir, à des degrés très variés, dans la pratique professionnelle.

En effet, que se passe-t-il vraiment au quotidien lors des visioconférences, des discussions téléphoniques en anglais ? Combien de cadres et de dirigeants la connaissent et se sentent freinés, frustrés et dévalorisés parce qu’elle les freine exactement là où l’usage de leur langue maternelle ne leur poserait aucun problème ? Qu’évitons-nous de faire en raison de cette crainte à communiquer en langue étrangère ? Difficile de le savoir puisqu’en contexte d’entreprise, on n’en parle guère. C’est plutôt la lingua franca (notamment l’anglais lorsqu’imposé comme langue de travail) et les bouleversements dus à son instauration qui lui volent la place dans les articles et les études.

L’anxiété langagière, l’oubliée du monde de l’entreprise

Bien qu’il soit courant de parler avec des collaborateurs qui reconnaissent appréhender de communiquer en langue étrangère, l’anxiété langagière en contexte professionnel est la grande oubliée du monde de l’entreprise.
Ignorée par l’ingénierie des parcours de formation en langues, insensible au charme des innovations technologiques au service de l’apprentissage, résistante aux efforts déployés en matière d’E-Learning, de Blended Learning, et de pédagogie en général, sournoise et discrète dans de nombreux cas, car difficilement identifiable et visible,

L’anxiété langagière, se manifeste de façon répétée ou occasionnelle

Beaucoup plus rarement à un niveau très élevé qui empêcherait de mener à bien ses fonctions. Ou bien elle empêche justement d’accepter une prise de poste.
Ceux qui la ressentent font avec, ils l’ont apprivoisée comme faisant partie d’eux, ils s’y habituent, jusqu’à parfois même l’oublier, jusqu’à ce qu’elle ressorte pour agir : Ah, si j’avais osé exprimer mon idée en réunion !
Elle laisse pantois les directeurs d’école de langues qui mettent du temps à comprendre qu’elle puisse agir au-delà du cours et se manifester dans des pratiques professionnelles concrètes : « nos clients sont à l’aise et participent activement dans nos cours ! ».
Et qu’en est-il sur le terrain au milieu du stress des enjeux professionnels ?

Elle incite, souvent à tort, les directeurs de formation à faire prendre davantage de cours de langues. Car elle subsiste. Parfois longtemps. Puisqu’elle a le pouvoir de toucher ceux qui ont le plus haut niveau en langues étrangères répertorié par le CECRL (Le Cadre européen commun de référence pour les langues).

Une enquête en ligne pour parler de l’anxiété langagière

Pour pallier ce manque de données en entreprise, et donner la parole à ceux qui appréhendent, occasionnellement ou régulièrement, de s’exprimer en langue étrangère, une enquête a été créée en ligne.

Elle s’adresse aux cadres et dirigeants francophones de tout pays d’exercice et de toute taille d’entreprise. Elle concerne toute langue étrangère.

Minutieusement supervisée par un médecin expert en bilinguisme et en médiation interculturelle, cette étude a pour objectif de dresser un tableau représentatif de ce phénomène peu avoué et de démontrer l’importance des facteurs émotionnels qui entravent l’usage d’une langue étrangère en entreprise.

Quels sont les impacts perçus sur la performance professionnelle et la carrière ? Quelles sont les répercussions sur le bien-être des collaborateurs ? Et si on ouvrait de nouvelles perspectives d’améliorations de l’aisance communicative en langue étrangère en entreprise ?

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Cécile Guenebaut
Coaching professionnel pour oser en langues étrangères. Certification, RNCP niveau 1 Membre de l'EMCC France (Fédération internationale – Conseil Européen du Coaching, du Mentorat et de la Supervision) 20 ans d'expérience professionnelle de l'enseignement des langues en France et en expatriation ont permis à Odacil Coaching et Prendre son envol en français de naître de la même motivation profonde : aider les francophones à exploiter le potentiel que leur offre l'accès aux langues. L'un concerne les langues étrangères pour les adultes qui veulent être plus performants dans leur pratique des langues. Le travail en coaching, dans le respect strict de l'éthique du métier, permet de se libérer des blocages et franchir la barrière de la langue. L'autre est l'accompagnement à distance de l'apprentissage du français pour l'enfant bilingue scolarisé hors école française et pour sa famille en expatriation. Allier le ludique aux compétences du professionnel permet des résultats tout en préservant la réussite scolaire de l'enfant et sa relation à la langue et culture françaises.