Il faut dire que j’ai beaucoup attendu : attendu d’avoir une sœur, d’avoir le bac, de passer le concours, de finir les études, d’avoir mon appartement, de partir à l’étranger, de revenir, d’avoir des enfants, qu’ils passent du sein au biberon, qu’ils grandissent et mangent des pots, qu’ils deviennent plus autonomes.

Tendus vers la fin, ce magique 11 mai qui arrivera peut-être…

Et je ne fais que mentionner les attentes majeures. Il y a aussi : attendre de s’endormir, attendre de se réveiller, attendre à la poste – merci d’ailleurs, quel progrès – attendre d’arriver au travail, attendre que les bouchons soient finis, attendre à la caisse des super marchés, attendre les résultats d’analyse, attendre que le client signe son contrat, attendre qu’il dise oui, on le fait, attendre que le collègue arrive, attendre que le travail soit fait… et j’en passe et des meilleurs. Je vous épargnerai le calcul des heures cumulées en jour.
Il faut dire que le confinement donne un goût tout particulier à l’attente, nous sommes littéralement et étymologiquement tendus vers la fin, ce magique 11 mai qui arrivera peut-être. 

Nous attendons de pouvoir sortir une poubelle ou marcher un peu, nous attendons d’avoir rempli l’attestation, nous attendons la fin de la journée, nous attendons que les enfants soient prêts pour sortir. En un mot, nous attendons tous que tout cela soit fini.
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Un lendemain qui sera évidemment mieux après… ou pas

Alors stop, je dis stop. S’il est utile de se projeter, il est essentiel de rester ici.
Alors trompons l’attente de notre plus belle présence : je vous propose de mettre de l’enchantement dans chaque jour et chaque minute de ce confinement. Soyons cons, mais finement. La vie est belle. Nous pouvons la voler.
Passons un déjeuner magique avec les enfants, observons la couleur du ciel de temps en temps, goutons l’odeur d’un thé parfumé. Ou mieux, si rien de tout cela n’est pas disponible, rencontrons-nous au cœur de la crise : tiens je suis bien là ; c’est une belle journée. C’est tout ce dont j’ai besoin pour exister.
Pour aller plus loin, vous pouvez écouter le magnifique podcast de Clothilde Dussolier  ici, vous vous y reconnaitrez sans doute si vous connaissez la tension de l’attente.
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