« La vie est la seule carrière qui m’intéresse ». Erik Orsenna. Comme toutes les choses importantes de la vie, trouver un emploi n’est pas enseigné à l’école. La réussite d’une recherche passe souvent par des solutions atypiques, paradoxales et à la fins efficace. Explications.

Rechercher un job, un art à la fois simple et compliqué

La réussite d’une recherche d’emploi passe par des solutions atypiques et dérangeantes, mais aussi des évidences et des portes ouvertes enfoncées que vous avez oubliées, en tous cas des pratiques avérées qui donnent des résultats, avec la plus importante de toutes, celle de ne pas faire de curriculum vitae. Il sera toujours temps d’en faire un, quand vous serez en face d’un éventuel recruteur, et à ce moment vous pourrez en rédiger un complètement adapté à ses attentes. Si certains réussissent mieux que d’autres, c’est qu’il existe des constantes identifiées dans leurs modes de pensée et leurs façons d’agir. A votre tour, vous pouvez trouver des solutions aux déconvenues de la vie active ou à un licenciement.
La réussite dans le monde du travail dépend de deux catégories de facteurs :
ceux sur lesquels vous ne pouvez pas grand-chose : les événements dépendant de l’Etat, le comportement des entreprises, les innovations technologiques, les réactions des  investisseurs, une crise internationale, des attentats, ou une catastrophe naturelle …  Vous devez avancer avec ces inconnues.
ceux qui dépendent de vous et de vous seul : votre réaction aux événements, votre envie de vous battre, ce que vous voulez faire de votre vie…
Ce qui vous arrive vient très souvent d’une idée erronée que vous vous faites sur vous ou sur votre existence, d’un manque d’envie ou d’une action inadaptée à la situation rencontrée. Vous pouvez agir avec succès sur les leviers qui dépendent de vous.
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CV mon ennemi, ou le “curriculum à éviter”

La première réaction, quand vous cherchez un emploi, est de faire un CV, de poser votre candidature tous azimuts et faire savoir à tout le monde que vous êtes disponible. Depuis des décennies c’est ainsi, et dans 90 % des cas, cela ne marche pas.
La raison est simple : la capacité à savoir faire un CV est inversement proportionnelle à la probabilité de trouver un emploi. Dans la majorité des cas, le CV ne vous sert à rien, si ce n’est à vous donner bonne conscience et à engraisser les brokers qui en font commerce. Le CV n’est pas prioritaire pour réussir, au contraire, vous plonger dans sa rédaction vous éloigne en grande partie des conditions à réunir impérativement pour quatre raisons essentielles :

Le CV parle du passé, alors qu’il s’agit d’avenir

Tout le monde est merveilleux sur un CV comme sur une épitaphe.
« Que pensez-vous de mon CV ? ». Des milliers de candidats posent cette question avec émotion et inquiétude, et la meilleure réponse vient de l’un d’entre eux : « Entre nous, le CV, c’est mon passé, ce qui intéresse une entreprise, c’est ce que je peux faire dans l’avenir avec elle. »
Cette interrogation, à la fois quête d’amour narcissique et signe d’angoisse, est aussi ridicule que celle d’un homme qui demanderait à la femme qu’il veut séduire ce qu’elle pense de sa carte d’identité. Elle se moque de son état civil, et cela ne marchera pas si par ailleurs elle ne ressent rien et s’il ne la fait pas rêver.
Parmi les millions de CV lus, étudiés, analysés, pesés et comparés par les recruteurs, pas un ne dénigre son auteur. Rien ne sert d’en avoir un, bien écrit, bien structuré, sur du papier de qualité, ou formaté sur Acrobat, avec une photo couleur montrant un sourire à peine forcé, si dans votre comportement vous agissez à contre-courant du succès. La capacité à savoir faire un CV est inversement proportionnelle à la probabilité de trouver un emploi.
Le CV est une carrière arrêtée, et piloter votre recherche en vous référant en permanence à lui est aussi dangereux que conduire votre voiture le nez sur le rétroviseur. Voir et comprendre le poste à venir implique l’oubli des scories de votre curriculum.
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Le CV est narcissique, alors que vous devez comprendre les autres

Le CV est un miroir qui vous focalise sur vous et vous empêche de vous ouvrir au monde. Sa rédaction « CV, dis-moi comme je suis beau ! » fait plaisir et vous conduit souvent à être éconduit. Il vous centre sur vous, au lieu de vous ouvrir aux autres, vous passez du temps à l’envoyer à des offres sur internet, vous vous jetez dans la bataille des candidatures, la ruée vers l’emploi, vous investissez votre énergie dans des probabilités de réussite égales à celles de trouver les 7 numéros du Loto.

Le CV est statique, alors que vous devez être actif

Un candidat m’a fait cette remarque de bon sens : « Je n’ai pas de CV ! Pour moi, il n’y a que le chômeur qui en a un, ou celui qui est sur le départ ! Moi tout va bien, j’écoute ce qu’on me propose, si cela m’intéresse, il sera toujours temps d’en faire un ! »
Une réaction que louent bon nombre de recruteurs qui en sont inondés. Ajouté aux milliers reçus, il banalise votre candidature et la noie.
Piège d’oisiveté, le CV vous donne la bonne conscience de faire votre devoir de candidat, et vous incite à ne rien faire d’autre, si ce n’est à attendre, convaincu d’avoir fait ce qu’il faut. Envoyé partout, votre CV devient votre ennemi.
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Le CV inquiète, alors que vous devez rassurer

Souvent le CV inquiète, c’est un mauvais souvenir ou une peur de l’avenir pour celui qui le reçoit. Tout le monde a été, est, ou sera sans emploi. Il rappelle à celui qui le reçoit ce qu’il a été ou ce qu’il risque de devenir ou de redevenir, alors qu’il endure son propre stress, la pression de sa hiérarchie de pourvoir un poste sans titulaire qui coûte très cher.
Le recruteur n’a pas droit à l’erreur, sinon son propre poste peut être remis en question. Votre CV peut devenir un problème, lui coûte du temps et de l’argent pour être traité, et surtout en termes d’image il vous transforme en demandeur, quémandeur, voire emmerdeur, alors que l’entreprise cherche un porteur d’avenir et de solutions.
Certes, au moment où les choses vous échappent, le CV vous ramène à votre univers et vous rassure, pourtant, ce n’est pas le moment de passer du temps à sa rédaction. Vous devez plutôt réunir les conditions indispensables pour être “recrutable” et recruté.
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