Il n’y a pas de fatalité

Et pourtant, il n’y a, selon moi, pas de fatalité. Il existe des solutions que, pour des raisons différentes, les décideurs en matière de politique de l’emploi se refusent à envisager.  Les politiques parce qu’ils ne pourraient en tirer aucun bénéfice électoral à court terme. En mettant en œuvre les mesures structurelles qui s’imposent, ils courraient même le risque que les bénéfices en soient récoltés par leurs successeurs de l’autre bord. Conséquence de l’alternance systématique qui s’est instaurée en France depuis des décennies.
Les organisations patronales, au sein desquelles les grandes entreprises se taillent la part du Lion, parce que la situation actuelle leur convient plutôt bien en leur permettant de recruter sans difficulté à des conditions sans cesse moins avantageuses pour les candidats. Et de maintenir leurs collaborateurs dans un rapport de force très déséquilibré en agitant le spectre des licenciements. Les syndicats de salariés, parce qu’ils sont essentiellement représentatifs des grandes entreprises et de la fonction publique et que les problèmes des chômeurs ne les concernent que très marginalement. Ainsi va le Monde. Rien de neuf sous le soleil où la loi du plus fort continue de régner, quoi qu’en disent les bien pensants.

Alors, que faut-il faire ?
Se résigner ou chercher
à modifier le rapport de force ?

Nous avons quelques raisons de croire que le deuxième terme de cette alternative n’est pas une utopie. La résignation fait le jeu des nantis du système alors qu’il est possible de renverser la table et de refuser les règles du jeu de dupes qu’on nous impose pour en proposer de nouvelles, bien plus avantageuses. Et cela, sans avoir à faire une révolution qui, elle, tient de l’utopie. Et qui, comme le montre l’histoire contemporaine, ne résoudrait probablement rien. Ce grand chambardement, que vous appelez de vos vœux si vous faites partie des chômeurs dits de longue durée, ou des nombreux collaborateurs qui subissent un emploi peu satisfaisant, il n’y a que vous qui puissiez le provoquer. Plus particulièrement si vous détenez certaines compétences vous permettant d’intervenir efficacement dans le jeu économique. C’est-à-dire si vous êtes cadre ou technicien et si vos compétences et votre expérience sont de nature à vous permettre de créer de la valeur.
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Il en va des entreprises
comme des collaborateurs

Seule une minorité d’entre elles profite de la situation. Et elles sont des millions, TPE, PME à survivre péniblement à la crise (quand elles y parviennent) faute de disposer des compétences managériales et techniques qui leur permettraient de se développer.  Vous commencez sans doute à comprendre où je veux en venir. La partie ne se joue pas entre les employeurs et les chercheurs d’emplois ou les collaborateurs mal lotis. Mais, entre les bénéficiaires du système, d’un côté, et les victimes de ce même système, de l’autre. Ces victimes sont certes les collaborateurs sans emploi ou précarisés par la crise mais aussi, les millions de petites et moyennes entreprises qui disparaissent dans l’indifférence générale ou ne survivent au jour le jour que dans la plus grande difficulté. Les intérêts objectifs de ces collaborateurs et de ces entreprises sont convergents. Il appartient à ceux qui détiennent les compétences nécessaires de les mettre au service de ces entreprises pour leur permettre de se développer. Ce qui créerait des emplois de tous niveaux et pourrait même, à terme, permettre l’inversion tant espérée de la courbe du chômage.

Une approche très différente
de recherche d’emploi
et de gestion de carrière

Mais cela suppose, de la part des intéressés, des approches très différentes de recherche d’emploi et de gestion de carrière, que celles qui ont cours actuellement. Et une volonté politique affirmée de soutenir leur engagement dans le développement des petites et moyennes entreprises. Le comprendre et s’en servir pour fonder une nouvelle approche individuelle et collective des problèmes de l’emploi est, à mes yeux, la seule façon efficace de sortir par le haut d’une situation devenue insupportable. Notre responsabilité collective est engagée. Je ne prétends pas détenir les clés du problème. Tout au plus suis-je force de proposition pour la mise en œuvre d’autres approches, dont on peut espérer des résultats supérieurs à ceux des politiques actuellement mises en œuvre. Car, si nous n’expérimentons pas de nouvelles voies de toute urgence, nous ne trouverons pas de solutions. Et tout le monde, y compris les moins exposés, pourrait finir par le regretter un jour prochain.
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Et si la génération sacrifiée des seniors
exprimait sa frustration dans les urnes

Le discours des exclus du monde du travail, dont je reçois les témoignages jour après jour, est assez inquiétant et traduit une dérive jusqu’au-boutiste de certains d’entre eux. J’ai hésité à en publier des extraits et finalement renoncé de peur que l’on m’accuse de catastrophisme. Disons pour faire simple qu’on peut craindre qu’une bonne part de la génération sacrifiée des seniors n’exprime sa frustration dans les bureaux de vote pour le plus grand profit des extrêmes. Comme c’est déjà le cas en Grèce ou en Espagne. Je ne reprends pas leurs propos à mon compte, loin de là. Mais cela donne une idée, que je trouve personnellement bien inquiétante, de l’état d’esprit de ceux qui se sentent lâchés par le système. Si nous n’y prenons pas garde, le risque d’une radicalisation de ces centaines de milliers de nos concitoyens n’est pas à exclure. Avec les conséquences que nous pouvons imaginer.

Le Manuel de survie professionnelle
à l’usage des cadres et des techniciens

Je décris plus précisément les raisons qui m’ont amené à développer une autre vision du marché de l’emploi et à développer des approches originales pour reprendre la maîtrise de la situation, dans le Livre intitulé « La loi du Marché », sous-titré Manuel de survie professionnelle à l’usage des cadres et des techniciens.”  
Pour approfondir le sujet, vous pouvez utiliser le lien ci-dessous : Télécharger La Loi du Marché.