Petit à petit le métier de veilleur s’impose au sein de l’entreprise, particulièrement dans l’industrie où sont surveillées les tendances de l’innovation, la concurrence et l’évolution de la réglementation. Ce sont des cadres expérimentés qui ont une bonne connaissance de leur secteur qui deviennent veilleurs. C’est ce qui ressort d’une enquête menée par l’éditeur de logiciels de veille AMI Software en partenariat avec l’ADBS (Association des professionnels de l’information et de la documentation) et Veille Magazine. Voici les principales conclusions de cette enquête présentée dans un Livre d’or de la veille : usages et métiers*.

Veilleur, un “hyper-métier”

Dans cette enquête, 249 professionnels issus de vingt secteurs d’activité différents tels que la pharmaceutique, l’automobile, la mécanique, ou encore l’agroalimentaire ont partagé leurs expériences et leurs bonnes pratiques de la veille. Il en ressort que le veilleur a de plus en plus de casquettes dans l’entreprise et que son métier tend à devenir un “hyper-métier”. Tous les professionnels interrogés ont déclaré jouer jusqu’à cinq rôles différents, dans une proportion quasi identique : analyste-expert; contributeur (produire du contenu et ajouter des commentaires à l’information produite); sponsor (avec des missions de validation de la stratégie de veille et de communication des orientations prises); administrateur technique (gestion de la plateforme de veille, lorsqu’il y en a une, ainsi que la gestion du sourcing) et animateur (avec des missions d’animation de débats au sein de l’entreprise ou de maintien de la dynamique de groupe).

Expert et communicant

L’enquête montre que la veille est un métier à part entière. L’intitulé des fonctions occupées par un professionnel sur deux fait référence au monde de la veille (27%), de la documentation (22%) ou de la gestion de l’information (10%). L’existence de ces fonctions au sein des entreprises dépend toutefois de la taille de la structure. Dans les grandes entreprises, les ETI et les PME, près de 60% des professionnels interrogés occupent un poste dont l’intitulé est en lien avec la veille, la documentation ou l’information. En revanche ce taux descend à 30% dans les TPE. Au sein des plus petites structures, la veille est le plus souvent prise en charge par un directeur ou un gérant (dans 50% des cas).

Le veilleur a une expérience d’autres métiers et une bonne connaissance de son secteur d’activité. Ainsi, parmi les veilleurs interrogés dans l’enquête, Luc Moufflet, chargé de veille à Air Liquide, travaille au sein du groupe depuis 1978 en qualité d’ingénieur. Il a exercé vingt-sept ans en recherche et développement, huit ans dans des domaines techniques, puis dans des domaines support (documentation, information, veille) avant de bifurquer vers le département Propriété intellectuelle en tant que responsable veille et responsable Projet KM (knowledge management) depuis maintenant huit ans. De même, Sandrine Alnet, responsable intelligence économique au sein de la PME Allizé Plasturgie, a travaillé pendant plus de 10 ans dans les études de marché pour des secteurs variés (produits de grande consommation, chaînes de télévision, et évènements sportifs). Pour elle, la réalisation d’études de marché comporte beaucoup de points communs avec la veille en termes de méthodologie et de capacité d’analyse.

* Pour lire le Livre d’or de la veille : usages et métiers, cliquez ici.



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Sophie Lhameen
Sophie Lhameen, journaliste multimédia (web et print), a travaillé pendant 15 ans comme journaliste spécialisée sur l'Afrique avant de devenir en 2008, rédactrice en chef adjointe du magazine Le MOCI (Moniteur du commerce international) jusqu'en janvier 2013. Ses centres d'intérêt : l'entreprise, le management, les ressources humaines, l'emploi, l'économie, l'intelligence économique et de l'international. Google+