Face à l’absentéisme, les entreprises ne doivent pas rester seules
Alors que les derniers chiffres de l’absentéisme sont alarmants (5,9% au premier semestre 2025 (+7% par rapport à 2024) et que le phénomène touche toutes les populations de salariés, Christophe Hartmann, directeur des Assurances de Personnes chez le courtier Verlingue, invite les entreprises à agir face à cette problématique grâce à quelques bonnes pratiques.
Une hausse généralisée, tous profils confondus
Le constat est sans appel : l’absentéisme poursuit sa progression dans les entreprises françaises. Selon les derniers chiffres qui viennent d’être publiés, le taux d’absentéisme atteint 5,9 % au premier semestre 2025, en hausse de 7 % par rapport à 2024 et de 12 % par rapport à 2023. Reflet d’une fatigue sociale et organisationnelle, d’une perte de sens, d’un épuisement ou d’une charge mentale élevée pour les équipes, l’absentéisme est profondément désorganisateur pour l’entreprise, particulièrement dans les secteurs les plus touchés (le transport, l’Agroalimentaire et la Santé) qui en subissent également l’impact financier. Le coût de l’absentéisme a progressé de 14 % en un an, sous l’effet combiné de l’inflation et d’une évolution réglementaire sur les indemnités journalières (décret du 20 février 2025 qui modifie les conditions d’indemnisation par l’Assurance maladie des salariés du privé et qui induit une hausse mécanique de la part complémentaire versée par l’employeur).
Toutes les populations sont concernées
Loin d’être cantonnée à un type de salarié, cette hausse touche désormais toutes les populations : les jeunes salariés, les femmes et les employés sont davantage concernés par les arrêts courts (1 à 7 jours), en lien avec la recrudescence des maladies saisonnières et la banalisation des téléconsultations ; à l’inverse, les salariés de plus de 50 ans, les ouvriers et les femmes sont plus exposés aux arrêts longs (plus de 31 jours), souvent associés à des pathologies chroniques ou à des troubles musculosquelettiques.
Même les cadres, traditionnellement moins absents, voient leur taux progresser : signe que le phénomène ne relève plus d’un effet conjoncturel mais d’un changement structurel du rapport au travail et à la santé.
Face à cette tendance de fond, désormais amorcée depuis plusieurs années – des arrêts de travails toujours plus nombreux et plus longs – l’entreprise doit agir et ne pas rester seule. Elle en a les moyens.
Le potentiel d’une approche préventive combinant actions de santé publique et pilotage RH
Des leviers d’action très concrets existent au service d’une culture de la prévention et de la performance durable.
En lien par exemple avec les services de santé au travail, l’entreprise peut mettre en place quelques mesures de prévention simple : la vaccination antigrippale a par exemple un effet positif et les salariés vaccinés sont bien moins concernés par les arrêts courts dans les mois qui suivent la campagne.
Ce type de mesure, simple et peu coûteuse, illustre le potentiel d’une approche préventive combinant actions de santé publique et pilotage RH. Ces plans d’actions peuvent être affinés en fonction des données disponibles (typologie des postes, âge, ancienneté…).
L’absentéisme est un thermomètre du climat social et un marqueur du niveau de santé des organisations. Il apparait donc nécessaire d’anticiper ce risque et de le piloter, pour renforcer la résilience économique et humaine de l’entreprise et protéger les collaborateurs.
Dans cette optique, les courtiers ont un rôle à jouer, celui de partenaire de pilotage du risque social, mais aussi celui de conseil capable de fournir des données consolidées pour objectiver la situation, d’analyser les tendances par population, d’identifier les leviers de prévention collective et d’accompagner la négociation et la mise en œuvre de solutions adaptées.
Cette approche globale et partenariale mêlant analyse, prévention et accompagnement peut permettre l’émergence d’un modèle d’entreprise plus attentif et plus agile face à l’absentéisme.





































