La culture misogyne de Silicon Valley

« Il faut travailler un peu plus (que les hommes) pour gagner en crédibilité et faire en sorte que les gens vous écoutent, écrivait-elle dans une tribune du Wall Street Journal pour raconter son quotidien dans les bureaux hyper masculins de la Silicon Valley – et d’ajouter “Il arrive d’aller à des rendez-vous commerciaux où l’autre personne est plus intéressée par vous que par votre produit.”  Étonnant ? Pas vraiment si l’on en croit les nombreux billets de blog, articles de presse et tweets qui fleurissent sur le Web depuis plus d’un an, visant à dénoncer la culture misogyne particulièrement persistante dans les rangs de la Silicon Valley. Le territoire ne compterait que 3 femmes sur 10 employés, une série de procès pour harcèlement sexuel et des licenciements abusifs basés sur la discrimination à l’encontre des femmes.
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Mathilde Collin, un modèle de réussite à la Française

Dans un tel contexte, la réussite de Mathilde Collin fait figure d’exception. Diplômée de HEC en 2012, cette Française âgée de 22 ans, débute sa carrière en tant que commercial manager à Londres (auprès de la société Shopvolution) puis en tant que responsable du développement commercial chez Contract Live à Paris. C’est début 2014 qu’elle cofonde la startup « Front », basée en France, avant de s’expatrier dans la Silicon Valley.
« Pour financer un projet en France, les banques ou les investisseurs vous expliquent qu’il faut déjà avoir fait ses preuves », explique-t-elle au Wall Street Journal. Les investisseurs américains quant à eux « ont peur de manquer la prochaine grande opportunité ! Ils prennent plus de risques (…). »
Pari réussi pour Mathilde et son associé qui récoltent 1.5 million de dollars d’investissement dès leur arrivée dans la Vallée en 2014. Aujourd’hui, ils s’épanouissent entre la France et les Etats-Unis.  Le produit proposé par Front aide les entreprises à mieux gérer leurs différentes boîtes et adresses mails (type « jobs@ » ou « info@ ») par le biais d’une plateforme collaborative permettant de poster des commentaires, d’assigner des messages ou encore de partager les réponses aux questions les plus fréquemment posées. L’outil permet une meilleure communication entre les équipes et un gain de productivité… De quoi concurrencer Outlook ou Gmail et séduire la Vallée, adepte des nouvelles techno’ appliquées en entreprise.
“I’m a woman CEO (Chief Executive Officer) and It doesn’t change anything*”, lançait Mathilde dans sa tribune au Wall Street Journal. Un modèle de réussite à la Française, mais aussi un modèle de réussite au féminin. Qui a dit que les femmes n’avaient pas leur place dans le monde de la Silicon Valley ?
*traduit par “Je suis femme et directrice générale et cela ne change rien”
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crédit siliconvalleyguide.info
crédit siliconvalleyguide.info

 

Silicon Valley ou « Vallée du silicium »

Cette dénomination recouvre le pôle des industries des technologies de pointe au sud de la baie de San Francisco en Californie qui profite du rayonnement de l’université Stanford : +de 2 millions d’habitants et 6 000 entreprises de haute technologie telles que Apple,  eBay, Facebook à Palo Alto,  Applied Materials, Business Objects, Cisco Systems, Google, Hewlett-Packard, Intel, Oracle, SanDisk, Symantec, Sun Microsystems, Yahoo, ou encore Amdahl, Asus, Hitachi Global Storage Technologies, Logitech, McAfee, Microsoft, Netflix, Netscape, PayPal…
Le nom Silicon Valley vient de l’activité des premières entreprises fabriquant des semi-conducteurs, « silicon » en anglais le silicium à la base des composants électroniques, et sa réputation dans le monde des nombreuses sagas de start ups parties de rien et devenues des géants comme Hewlett-Packard à Palo Alto, Apple et Sun à Cupertino et Intel à Santa Clara.

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