C’est à 17 ans que Xavier Niel crée sa première entreprise (un service de minitel rose !). Il abandonne ses études en prépa scientifique pour entreprendre dans les services pornographiques, non pour la vie sulfureuse que l’on imagine, mais bel et bien pour suivre les opportunités financières qui s’offrent à lui. Aujourd’hui, Xavier Niel est l’homme d’affaires que l’on connait : PDG de Free, serial entrepreneur et serial investisseur, créateur d’un fonds d’investissement pour les startups et partenaire de la French Tech. Son ambition, sa personnalité forte, le placent à la tête des fortunes mondiales. Xavier Niel, sa vision de l’entrepreneuriat à la française et ses conseils pour réussir.

Du bon sens et de la chance

« Du bon sens et de la chance » explique Xavier Niel lorsqu’il énonce les facteurs clés de la réussite entrepreneuriale, lors d’une interview pour le site French Web. Le bon sens ? Il consiste essentiellement à se concentrer sur les deux aspects fondamentaux d’un projet que sont le produit/service que l’on vend ainsi que le public. « Il faut réussir à faire matcher ces deux choses pour avoir un pourcentage de chance de réussir ».
« Les jeunes ont l’impression que ce n’est pas possible (de créer une entreprise à succès internationale, ndlr). Mais non, les Français, par la manière dont sont faits leur esprit, leur raisonnement, leur façon de travailler, peuvent dominer le monde (économiquement, ndlr), même s’ils ont le sentiment que ce sont les autres pays qui prennent le pouvoir sur l’économie. »

Xavier Niel crédit cnetfrance.fr
Xavier Niel crédit cnetfrance.fr

« En France comme aux États-Unis, on peut créer à partir de rien et réussir »

Xavier Niel ne cesse de le répéter : la France est une terre d’accueil pour les entrepreneurs. Il précise avoir eu l’occasion de rencontrer de nombreux dirigeants affirmant préférer se lancer en France plutôt qu’aux États-Unis. Il est vrai que notre territoire développe son tissu économique et étend ses pôles de compétitivité, notamment son écosystème du Web avec le label French Tech*. « Seule une vingtaine de pays au maximum arrivent à faire ça dans le monde : permettre de partir de rien, créer une entreprise et réussir », précise-t-il dans l’interview.

La France, terrain des entrepreneurs ? Si les leviers nationaux à la création sont performants, Xavier Niel estime que certaines barrières freinent tout de même la phase de développement, notamment vers l’international. La Russie, l’Inde, les États-Unis sont des territoires vastes où la demande est d’ores et déjà conséquente, alors que les entreprises françaises doivent viser l’Europe pour atteindre le même niveau de croissance, une Europe façonnée par de multiples mini-marchés, lois, codes et normes qu’il s’agirait d’uniformiser pour faciliter l’exportation.
*La French Tech est la communauté du Web en France. Elle regroupe professionnels et férus de la matière autour d’espaces de travail communs et de rendez-vous collectifs thématiques. Les pôles labellisés French Tech bénéficient en outre de fonds pour soutenir les entrepreneurs du Web et des nouvelles technologies.

Être entrepreneur pour ne plus dépendre des autres

Depuis son plus jeune âge, Xavier Niel a toujours voulu entreprendre (il crée sa première entreprise à l’âge de 17 ans et abandonne ses études pour continuer sur cette voie). « Je suis entrepreneur pour ne plus dépendre des autres », précise-t-il. « Compter sur soi pour faire et créer des choses, ne plus être dans un quotidien codifié, mais un quotidien où l’on se prend en charge (…), où l’on ne se contente pas de faire un travail écrit sur une feuille, encadré,  fermé (…). Je veux aider les autres à créer des choses aussi. »

Outre ses propres projets, Xavier Niel encourage l’entrepreneuriat. En 2010, il monte le fonds d’investissement Kina Ventures, puis l’École 42 destinée à former gratuitement les jeunes de 18 à 30 ans aux techniques de l’informatique. Il est également l’un des organisateurs de 101 startups, un concours qui récompense les meilleurs pitchs d’entrepreneurs d’une dotation de 25 000 euros. Enfin, il développe La Halle Freyssinet, une pépinière géante pour les startups, située en banlieue parisienne.

« Oubliez vos échecs et avancez ! »

« La vie de dirigeant est une succession de mauvaises nouvelles. Si l’on doit se souvenir de tous ses échecs, on ne s’en sort pas », explique Xavier Niel. Les échecs marquent le subconscient, mais il faut les jeter à la poubelle, avancer et se concentrer sur les choses importantes ! Si telle est votre ambition : lancez-vous, entreprenez !

Xavier Niel crée sa première entreprise à l’âge de 17 ans,  un service de minitel rose. En 1987, il abandonne ses études de prépa scientifique pour s’attaquer au marché de la pornographie sur minitel, secteur en plein boum financier comme vous pouvez l’imaginer. En 1995, il investit dans Worldnet, le premier fournisseur d’accès à Internet grand public en France, qu’il développe ensuite sous le nom de Free. En 2002, il bouleverse les codes du secteur en proposant la Free Box, fameux pack regroupant service internet, télévision et téléphonie à prix cassé. Xavier Niel est actionnaire dans de nombreuses entreprises, notamment des médias et des nouvelles technologies (Deezer, Médiapart, Atlantico …), mais aussi dans les télécoms (Monaco Telecom, T-Mobile USA…), ce qui le propulse au rang de 132e fortune mondiale par le magazine Forbes. L’homme d’affaires a également connu des déboires avec la justice. À l’époque, il est poursuivi pour avoir empoché en liquide les recettes d’un sex-shop dans lequel il a investi. En 2006, il est également condamné à deux ans de prison avec sursis et 250 000 euros d’amende pour recel d’abus de biens sociaux.