A 38 ans, Clausewitz a participé à quatre campagnes quand il prend la direction de l’École militaire de Berlin. Il consacre alors 12 ans à formaliser sa pensée sous la forme d’un traité «Vom Kriege» (“De la guerre”), qui sera publié après sa mort, à partir de 1832. Si les écrits du général prussien demeurent le fondement de la formation à la réflexion stratégique de tout officier occidental, le cadre de direction d’une entreprise, engagé dans la compétition économique peut tout autant tirer profit des enseignements du maître ès-stratégie. Le rôle du chef comme son caractère sont à la guerre comme dans toute entreprise humaine collective un facteur déterminant de la victoire ou de la défaite. Parmi ces qualités primordiales, Clausewitz retient :

Le courage

« Le courage est de deux sortes : d’abord le courage personnel, puis le courage devant les responsabilités ». Point n’est besoin, pour un responsable d’entreprise, de gravir l’Everest ou de sauter à l’élastique du pont de l’Arturby (1). Aller à la rencontre de clients mécontents ou de grévistes un tant soit peu virulents, se rendre au sein d’un atelier en difficulté ou à l’ambiance malsaine plutôt que d’y envoyer un collaborateur est un véritable signe de courage personnel. Assumer ses choix, ne pas laisser les autres endosser la responsabilité de ses propres décisions. La décision collégiale n’a pas de sens, à l’armée comme dans l’entreprise. In fine, c’est bien celui qui tranche, qui décide, qui choisit mais aussi qui renonce qui doit avoir ce courage, particulièrement en cas d’échec ou de succès relatif.
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La volonté

« La nécessité de surmonter la résistance…exige une force de volonté considérable de la part du chef » : résistance par l’habitude, la routine, le maintien du statu quo, la peur du changement ou de l’inconnu, l’aversion au risque et à l’incertitude. Ces entraves, parmi d’autres difficultés, paralysent l’action et seule la force de la volonté (que l’on peut décliner en énergie, fermeté, persévérance, force de caractère et d’esprit) permet le plus souvent d’atteindre le succès. Le manager doit alors convaincre, persuader, toujours expliquer et parfois imposer.
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La maîtrise de soi

« L’âme forte appartient à celui qui sait rester maître de lui sous le coup des pires émotions ». Clausewitz utilise l’image de l’aiguille d’un compas sur un navire en détresse lors d’une tempête. L’âme forte du responsable, malgré les émotions qu’il peut ressentir, lui permet de conserver son indispensable capacité de jugement. Il ne s’agit alors nullement de « jouer » les insensibles, les blasés, les indifférents mais tout simplement de garder intactes ses facultés d’analyse et de décision, en situation de crise.
Ces trois qualités sont certes nécessaires mais pas suffisantes. Trois autres au moins méritent aussi d’être développées. Clausewitz évoque alors la combinaison harmonieuse de forces de l’âme, où l’une ou l’autre peut prédominer, mais où aucune ne doit s’opposer à l’autre.
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Toutes les citations en italique sont tirées du Livre I de Vom Kriege (De la guerre) de Karl von Clausewitz, écrit en 1818 et réécrit en 1829.
(1) Dans le haut-Var : le plus haut spot d’Europe pour la pratique du saut à l’élastique (182 mètres).