Le groupe Bilderberg, aussi appelé conférence de Bilderberg ou club Bilderberg, est un rassemblement annuel et informel d’environ 130 membres, américains et européens, des personnalités de la diplomatie, des affaires, de la politique et des médias. Ce forum annuel inauguré en 1954 à Oosterbeek aux Pays-Bas, lors d’une réunion à l’hôtel Bilderberg (d’où son nom) est au centre de plusieurs controverses du fait de sa non-médiatisation et du caractère confidentiel du bilan des conférences.

La réunion inaugurale se tient à l’hôtel Bilderberg à Oosterbeek aux Pays-Bas du 29 mai au 31 mai 1954. Cinquante délégués en provenance de onze pays d’Europe occidentale y assistent, aux cotés de onze américains dont David Rockefeller. La réussite de l’événement motive les organisateurs à organiser une conférence annuelle. Un Comité Directeur permanent est mis en place Les conférences ont lieu en France, en Allemagne et au Danemark les trois années suivantes. En 1957 se tient la première conférence outre-atlantique sur l’île de Saint-Simon. Le journaliste anti-maçonnique Roger Mennevée en 1967l présente la conférence de Bilderberg comme faisant partie d’une conspiration mondiale visant à instaurer un gouvernement mondial, dirigé par les États-Unis et comportant l’abandon des souverainetés nationales. Toutes les personnalités françaises associées au Bilderberg, Georges Pompidou, Antoine Pinay, Guy Mollet, sont les opposants les plus résolus à la politique nucléaire de Charles de Gaulle, le projet atlantiste de Bilderberg ne pouvant se faire sans éliminer la force nucléaire française.

Le groupe Bilderberg devient un authentique objet d’étude en 1979-1980. Dans The Bilderberg and the West, paru de 1980, le chercheur Peter Thompson explique que le forum annuel de Bilderberg est une rencontre entre les dirigeants des multinationales les plus importantes et les figures politiques clés des pays occidentaux, afin de discuter ensemble des grandes problématiques internationales. Pour Frédéric Charpier les sommets Bilderberg sont une coordination euro-américaine « au nom des principes démocratiques, mais aussi dans l’intérêt du capitalisme.

L’opacité des conférences de Bilderberg, qui se tiennent chaque année entraîne des spéculations. En 2003, en réponse à une question parlementaire, le Conseil fédéral suisse précise que :« les conférences Bilderberg sont un forum d’échange sur les principaux sujets d’actualité dans les domaines les plus divers entre membres de gouvernements, diplomates, politiciens, personnalités de l’économie, représentants de la science, de la formation, de la presse et d’instituts spécialisés. […] Les participants y défendent leur opinion personnelle et n’y parlent pas au nom de leur gouvernement ou de leur employeur. C’est pour cette raison que les organisateurs renoncent à faire de la publicité autour de ces discussions. » Interrogé Nicolas Beytout, reconnait avoir été invité à plusieurs reprises et confirme l’opacité de l’organisation :

« J’ai fait trois Bilderberg. Mais on ne demande pas à participer : on est invité par le comité de direction. Nous sommes installés par ordre alphabétique, il n’y a absolument aucun protocole ni décorum. Des sessions thématiques sont annoncées à l’avance avec deux ou trois orateurs qui font un exposé avant d’ouvrir le débat avec la salle. La confidentialité est un gage très grand de sincérité qui permet aux participants de dire vraiment ce qu’ils pensent »

En 2009 la réunion se tient en à l’Astir Palace de Vouliagméni, station balnéaire proche d’Athènes. On y compte des personnalités : le vicomte Étienne Davignon, ancien vice-président de la Commission européenne et président honoraire du Groupe Bilderberg ; Francisco Pinto Balsemão ex premier ministre du Portugal ; Franco Bernabè, PDG de Telecom Italia et vice-président de Rothschild Europe ; Carl Bildt, ex premier ministre de la Suède ; Kenneth Clarke, ex ministre conservateur et actuel ministre de la Justice au Royaume-Uni ; Richard Dearlove, ex chef du service de renseignements britannique ; Claudio Jhovanny II Bertarelli, homme d’affaires proche parent de Sir Evelyn de Rothshild et héritier des fondateurs de Merck-Serono; Donald Graham, PDG de la Washington Post Company ; Jaap De Hoop Scheffer, secrétaire général de l’OTAN ; John Kerr, membre de la Chambre des lords britannique et président de Royal Dutch Shell ; Jessica Matthews, présidente de la Dotation Carnegie pour la paix internationale ; Richard Perle de l’American Enterprise Institute ; Romano Prodi, ancien premier ministre italien ; J. Robert S. Prichard, PDG de Torstar Corporation et président émérite de l’université de Toronto ; Peter Sutherland, ancien directeur général du(GATT), premier directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et actuellement président de British Petroleum (BP) et de Goldman Sachs International, membre de la direction de la Royal Bank of Scotland, président de la Commission trilatérale, vice-président de la Table ronde des industriels européens; Peter Thiel, membre du conseil d’administration de Facebook; Jeroen van der Veer, PDG de Royal Dutch Shell ; Martin Wolf, rédacteur en chef adjoint du Financial Times et Fareed Zakaria, journaliste américain et membre de la direction du Council on Foreign Relations.

Un Davos secret qui alimente les fantasmes séculaires de complot planétaires ou un gang de puissants organisant entre eux la domination du monde ?

Daniel Estulin, La Véritable Histoire des Bilderbergers, éditions Terre Nouvelle, 2009 Wikipedia