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Lost in acceleration

Les cadences s’accélèrent dans tous les secteurs. Côté services comme côté industrie, les cycles de conception, de production et de mise sur le marché de nouveaux produits sont de plus en plus courts. Le but étant d’être toujours plus réactif et en adéquation avec les attentes du marché. L’industrie automobile a, par exemple, multiplié son rythme de production par 3 en 10 ans en réduisant son cycle de 24 à 6 mois. Ce premier coup d’accélérateur dans la production a fait naître une nouvelle demande consumériste, exacerbée par les nouvelles technologies : la génération des millenials ou digital natives est aujourd’hui prête à acheter le nouvel iPhone ou le nouveau Mac dès sa sortie, et attend avec impatience la prochaine innovation de sa marque préférée.

Un nouvel écosystème de travail

Afin de gagner en souplesse et survivre sur un marché mouvant, les entreprises délaissent progressivement leur structure bâtie sur la centralisation et se tournent vers des ressources externes. En effet, face à un écosystème plus réticulaire et à l’émergence parallèle d’indépendants moins carriéristes, moins attachés à l’entreprise mais avec une forte culture du projet, trouver la perle rare ou le mouton à cinq pattes indépendant est une tâche délicate … mais pourtant essentielle.  C’est justement sur ce service de mise en relation entre freelances et entreprises que de nouvelles plateformes ont vu le jour. Si elles ont effectivement facilité la mise en relation entre l’entreprise et l’indépendant en donnant de la visibilité à l’offre comme à la demande, elles ont également généré une « TripAdvisorisation » de ces consultants à coup d’algorithmes favorisant le profil le plus compétent en théorie au détriment du profil le plus « compatible » dans la réalité. Ainsi, les valeurs du candidat et l’ADN de l’entreprise ne sont pas prises en compte. Les effets de sur-notation et de survalorisation ont lissé les différences pour finalement détruire de la valeur des profils. En se limitant à un catalogue d’indépendants, les plateformes de mise en relation manquent d’accompagnement, laissant les entreprises seules face à un moteur de recherche.

Miser sur l’intelligence sociale et le savoir être pour rapprocher les deux mondes

Or, elles ont besoin de solutions sur mesure, d’une approche client centric modelée sur la culture et l’ADN d’entreprise, sur l’identification précise des besoins et sur les valeurs du travailleur freelance… C’est-à-dire miser sur l’intelligence sociale et le savoir être pour rapprocher deux mondes différents qu’un rien peut amener au choc culturel et à l’échec du projet. En un mot, prendre en considération les éléments qui vont peser dans le sens d’une relation pérenne entre l’entreprise et les indépendants est indispensable pour garantir une transformation sereine de l’entreprise.

En entreprise, l’heure est à la transformation. Les fondations se métamorphosent au gré de rythmes de production plus soutenus, sous couvert de livraisons digitalisées. En 2019, la société plus largement semble bien entrée dans l’ère du changement perpétuel. Car il s’agira, demain, de se transformer encore. Dans cette dynamique, il incombe à l’entreprise de trouver des modèles pérennes. L’externalisation des besoins et le recours au freelancing sont une partie du puzzle. La seconde repose sur sa pérennisation et requière une belle dose d’intelligence humaine et sociale.
[1] Baromètre de la maturité digitale des ETI françaises

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