Sevrage d’e-mails pendant 5 jours

La privation d’e-mail pendant cinq jours révèle une diminution du niveau de stress mesuré par les moniteurs de fréquence cardiaque. Sans e-mail, le salarié se sentirait plus en contrôle de sa vie professionnelle. Les normes sociales attachées aux e-mails demandent un temps de réponse rapide, ce qui selon ce chercheur explique en grande partie la hausse du stress. Recevoir un courriel d’un collègue et ne pas répondre pendant une semaine est comme un sacrilège, un manque de civilité et une violation de la culture qui dans beaucoup d’entreprises a fait entrer dans les us et coutumes de réagir immédiatement. Une forme de pression de l’organisation et de la hiérarchie.

E-mails et mauvaise humeur

Sans e-mail, le salarié ne ressent plus la maîtrise de sa vie professionnelle. Contrairement à une supposition de départ, selon laquelle le fait de ne pas avoir accès au courrier électronique provoquerait une augmentation du stress, au moins pour les premiers jours, il n’en n’est rien. Pour compenser l’e-mail, les personnes ont engagé des conversations en face-à-face avec leurs collègues. Cette interaction sociale pourrait expliquer la baisse du stress tout simplement. Dans une autre étude qui a examiné l’humeur tout au long de la journée, le même chercheur a trouvé une corrélation entre l’augmentation de l’utilisation de l’e-mail et la mauvaise humeur. Il met en exergue le caractère « implacable » du courrier électronique, qui ne s’arrête jamais.

74 e-mails/jour = baisse de productivité

Un flux continu d’infos et d’images que l’on s’évertue de canaliser, de supprimer en répondant ou en classant dans les indésirables, en transférant à un collègue… Vos e-mails vous noient dans leur flux intarissable, vous pensez avoir stopper leur invasion, et une nouvelle vague surgit, même si vous ne faites pas envoyer/recevoir. Outil destiné au départ vous faire gagner du temps, il devient une sorte de monstre multicéphale qui vous assaille en permanence et avale votre temps si précieux. Votre productivité s’en ressent évidemment en plus de la mauvaise humeur, l’illusion d’être productif vient de la satisfaction que vous ressentez à avoir repoussé un assaut d’e-mails.  Ainsi avoir votre outlook fermé permet une meilleure concentration et une rapidité plus grande à finir une tâche. Les statistiques établies montrent qu’une personne travaillant dans un bureau reçoit en moyenne 74 e-mails par jour, soit 9 mails par heure pour une journée type de huit heures.

Des politiques de contrôle électronique

Il va de soi que la vie active d’aujourd’hui est inconcevable sans e-mail, et leur suppression serait irréaliste. La solution n’est donc pas de les supprimer. Néanmoins, pour en éviter les effets secondaires, le stress et la mauvaise humeur qu’ils engendrent, le chercheur encourage les entreprises à mettre en œuvre des politiques de contrôle électronique. Il revient à l’entreprise d’apprendre et d’imposer à ses collaborateurs de consulter un nombre limité d’e-mails par jour. Si le management instaure une règle de limitation, cela peut rejaillir sur le niveau de stress et la productivité des collaborateurs. La lecture à un temps limité au cours de la journée répondrait à l’attente sociale d’une réponse rapide. C’est un postulat décidé et affiché de l’organisation d’établir que celui qui sort de la règle du quota de courrier sera pénalisé. Sans être anti-mail, les entreprises doivent repenser la façon dont elles utilisent les outils numériques pour augmenter le bien-être des salariés. La mise en œuvre d’heures sans e-mail pour tout membre de l’organisation peut être une solution, chacun recevant des lots d’e-mails à des moments clés de la journée et y répondant dans le délai imparti.

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