Mais au fait, qu’est-ce qu’une startup ?

Le terme « startup » est utilisé pour désigner une entreprise des nouvelles technologies, mais dans les faits, sa définition est plus subtile. D’après Steve Blank, serial entrepreneur à l’initiative d’une définition communément admise, une startup est une « organisation temporaire à la recherche d’un modèle économique “industriable”, rentable et permettant la croissance. » En détail, la startup est donc une jeune entreprise, qui cherche à se structurer sur son marché et qui s’adapte à son environnement au jour le jour. Ensuite, la startup doit permettre « l’industrialisation et la croissance forte ». On parle d’un modèle « répétable et scalable », c’est-à-dire réaliser un chiffre d’affaires exponentiel, dont le taux de croissance ne nécessite pas l’augmentation proportionnelle des charges directes. Pour vous donner un exemple, le modèle économique d’un restaurant n’est pas « répétable et scalable » ; il est limité à la taille de sa salle. Si l’entreprise croît, le dirigeant devra embaucher du personnel pour absorber la demande croissante. L’augmentation du chiffre d’affaires entraîne ici l’augmentation proportionnelle des charges directes. Un restaurant n’est donc pas une startup. CQFD.

Startup et nouvelles technologies : un lien de cause à effet

Dans les faits, cette définition de Steve Blank implique forcément des entreprises des nouvelles technologies. En effet, celles-ci explorent des marchés nouveaux où le manque de connaissance oblige à se réinventer sans cesse. Elles développent des produits/services qui, grâce au Web, permettent de toucher une clientèle mondiale, sans limitation géographique et sans investissements proportionnels. Une entreprise qui développe un outil du Web, par exemple, est complètement une startup. Elle nécessite des moyens pour développer son offre. Mais une fois le service mis en ligne, l’investissement vise plus la commercialisation que le poste de création de valeur pure (même si le développement informatique continue en parallèle, pour ajuster l’offre aux retours du marché). En bref, nous pourrions dire qu’une startup ne désigne pas uniquement une entreprise technologique, même si toutes les entreprises technologiques s’avèrent des startups, au vu de leur modèle économique.
Maintenant que la définition d’une startup est mise à plat, voici le lexique associé, à connaître sur le bout des doigts si vous rejoignez l’écosystème.
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Licorne, zèbre, cafard : vocabulaire animalier des startups

La licorne
En 2013, Aileen Lee est fondatrice et responsable du fonds Cowboy Venture. Elle constate que seulement 0.1 % des jeunes entreprises de son portefeuille (entreprises de moins de 10 ans) est valorisé au-delà d’un milliard de dollars. Elle décide de donner un nom à cette catégorie rare d’entreprise : une licorne. Une licorne est donc une jeune pousse qui a reçu des fonds d’investisseurs. Elle n’est pas (encore) capitalisée en bourse, mais elle s’y verrait valorisée à 1 milliard de dollars au minimum à son entrée.
Le terme se démocratise et depuis ces cinq dernières années, la course à la licorne fait rage. Toute startup rêve d’appartenir au club. Il y avait une quarantaine de licornes en 2013. Il y en a 290 aujourd’hui, selon le cabinet CB Insights. Parmi ces licornes, 31 ont vu le jour au cours du dernier trimestre 2018, pour un investissement de 27.5 milliards de dollars. L’emballement des financeurs à l’égard du modèle startup est bien palpable. En France, nos licornes sont BlaBlaCar, Deezer et OVH.

Le zèbre
C’est dans la mouvance de la licorne qu’est né le zèbre. Au préalable, il faut savoir que de nombreuses licornes sont valorisées, car elles s’avèrent prometteuses. Elles cassent les codes ; elles jouissent de milliers d’utilisateurs et de données exploitables. Par contre, elles ne sont pas toutes rentables. Beaucoup de licornes s’écrouleraient sans levées de fonds régulières. Par exemple, Uber n’était toujours pas rentable en 2017.
Et c’est dans ce contexte qu’est apparu le terme « zèbre ». Imaginé par deux startupeuses américaines Mara Zepeda et Jennifer Brandel, le zèbre représente une startup qui n’est peut-être pas valorisée, mais qui enregistre une vraie rentabilité. L’objectif du zèbre n’est pas de devenir tête d’affiche sur son secteur, mais de créer une véritable richesse. « Les zèbres sont rentables et améliorent la société », expliquent les deux femmes dans un billet de blog sur Medium, certainement pour rappeler aux investisseurs qu’il n’y a pas que des licornes qui valent la peine d’être financées. « Les zèbres en marche » est le nom de leur première conférence, tenue en 2017 à Portland.

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Le cafard
Il y a aussi le cafard. La licorne est magique et exceptionnelle quand « le cafard survivrait à une guerre nucléaire ». Voilà la raison de ce terme « cafard », né en 2016 au sein de l’écosystème pour désigner ces startups plus discrètes, dont la croissance se construit lentement (contrairement aux licornes très pressées) en ciblant généralement une niche pour se différencier. Comme le zèbre, le cafard ne perd jamais de vue sa rentabilité constante.

Le pentacorne
Enfin, le pentacorne est le dernier-né dans le lexique startup. Il représente une « licorne géante » valorisée à plus de 50 milliards de dollars. Seules trois entreprises sont actuellement des pentacornes dans le monde. Il s’agit d’Uber et des Chinois Didi Chuxing et ByteDance. À échelle intermédiaire, les décacornes sont valorisées à partir de 10 milliards de dollars. Il s’agit d’Airbnb, Stripe ou encore Wework…

Vous créez une startup ? Pensez accélération et amorçage

Pour ceux qui créeraient une startup, sachez que les étapes de lancement ont aussi leur propre vocabulaire.
En premier point, l’accélération est la phase de création toute particulière d’une startup qui ambitionne la licorne, car celle-ci nécessite des financements conséquents et un accompagnement spécifique. L’objectif de l’accélération est de gagner très vite des parts de marché pour devenir leader. Les « accélérateurs à startups » représentent des incubateurs qui proposent ce type d’accompagnement.
Enfin, l’amorçage (ou « capital amorçage ») correspond aux fonds apportés au préalable de la création de la startup pour développer le cœur du concept (recherche et développement, étude de marché, frais juridiques liés à la création de l’entreprise). Vous savez tout ! Alors, plutôt licorne, zèbre ou cafard ? L’écosystème startup n’attend plus que vous.

Quelques startups devenues licornes en 2018

– Canva (Australie) : plateforme pour les graphistes en herbe
– Meicai (Chine) : application de mise en relation entre les restaurants et les fermiers
– Caocao Zhuanche (Chine) : application de covoiturage avec véhicules électriques
– Cabify (Espagne) : mise en relation entre usagers et véhicules de transport de personnes
– Snowflake (Etats-Unis) : stockage et analyse des données sur Cloud
– HeartFlow (Etats-Unis) : technologies médicales, aide au diagnostic
– Medmen (États-Unis) : vente de marijuana
– Orcam (Israël) : technologie d’assistance aux malvoyants
– DoorDash (Etats-Unis) : application de mise en relation entre restaurants et clients pour la livraison de repas
– Nubank (Brésil) : carte de crédit sans frais
– UIPath (Roumanie) : automatisation de tâches informatiques pour le secteur tertiaire
– Douyu (Chine) : plateforme de jeux en ligne
– Qutoutiao (Chine) : plateforme de divertissement et d’actualité
– Samsara (États-Unis) : fabricant de capteurs connectés
– Tempus (États-Unis) : collecte et traitement de données médicales
– Intercom (États-Unis) : messagerie instantanée BtoB
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