Bien distinguer consciencieux et perfectionniste

Vous êtes consciencieux si vous vous imposez des standards d’excellence humainement atteignables, vous dosez vos efforts et établissez des priorités, vous savez ajuster vos exigences au contexte, vous pratiquez l’autocritique, acceptez vos erreurs et chercher à les corriger. Vous envisagez l’avenir de façon réaliste et face aux difficultés vous mettez vite en place des solutions. Le perfectionniste s’impose des normes d’excellence très difficiles à atteindre, voire impossibles, dose mal ses efforts, se sur-investit dans une activité moins importante au détriment d’une autre plus prioritaire. Il doute constamment de lui-même et accepte mal ses limites et imperfections. Sa valeur dépend trop de sa réussite, il vit la moindre de ses erreurs comme une cuisante défaite. Eternel insatisfait, souvent anxieux, il redoute trop l’échec.

Vous prenez moins de risques

Le perfectionniste a tendance à mettre son objectif à un très haut niveau (qui peut être dans de nombreux cas irréaliste) et s’efforce d’être le meilleur dans tout ce qu’il fait. Pourtant ce désir d’être parfait en permanence peut se transformer en une peur de l’échec, qui peut l’amener à rester bloqué dans le statu quo. Si les choses ne marchent pas, il peut être déçu pour un moment mais ne se démobilise pas, car il se définit en général comme un professionnel qui se satisfait uniquement d’objectifs incroyablement élevés. Un commercial perfectionniste peut devenir tellement paralysé par la peur de ne pas atteindre ses objectifs qu’il va s’interdire de prendre plus de risques. Ce trait de personnalité ne cadre pas bien avec l’esprit entrepreneurial qui par nature comporte la prise de risque et un certain niveau d’incertitude.

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Vous êtes trop inflexible

Dans le contexte actuel le succès dépend souvent de votre capacité à vous adapter rapidement à l’évolution des circonstances et du contexte. Le changement peut devenir difficile pour un perfectionniste qui croit souvent qu’il y a une seule voie pour réussir son entreprise. Ainsi ne voit-il pas dans la recherche d’une solution possible qu’il peut y avoir plusieurs chemins qui mènent au même résultat. Ce manque de souplesse peut nuire à la créativité et à l’innovation, deux qualités essentielles dans le développement de toute entreprise.

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Vous prenez trop de temps

Si vous vérifiez et revérifiez pour valider que tout est absolument parfait, vous pouvez devenir moins productif. Rédiger un rapport absolument parfait, sans fautes de frappe et avec des tableaux attrayants, au détriment d’autres d’autres tâches peut vous empêcher d’avancer et de grandir dans votre entreprise. Cela devient même  dangereux si vous en arrivez à prendre beaucoup plus de temps que les autres pour réaliser un travail tant vous êtes pointilleux.

Vous affectez les relations avec votre équipe

Le perfectionniste connait souvent des symptômes dépressifs, rien de ne le satisfait, et ses objectifs n’étant jamais atteints – parce que trop élevés – il ne peut pas développer une grande confiance en lui. Si vous exigez la perfection de vous-même et des autres, cela peut provoquer des tensions dans une équipe, tout le monde n’étant pas en mesure de respecter des normes élevées qui peuvent être jugées inutiles. Un patron perfectionniste peut créer un environnement de travail tendu. On raconte que pour Steve Jobs – le parfait perfectionniste qui a réussi – il y avait deux catégories de collaborateurs, le « génie » ou le « nul », ce qui engendrait des exclusions et des peurs de le croiser.

Vous avez du mal à déléguer

Vous cherchez peut-être à être parfait par peur de la critique pourtant productive, ou bien vous voulez tout maîtriser, au risque de paniquer si votre supérieur juste avant une réunion vous demande de traiter un projet à peine naissant. Si l’écart entre le but que vous vous fixez et ce que vous êtes réellement capable de faire est réduit,  vous n’aurez aucun mérite  et vous vous ennuierez. Si le gap est en revanche trop grand, vous risquez de ne jamais atteindre votre objectif et de vous plonger dans une grande souffrance. Pour être bon, le perfectionnisme doit vous stimuler et ne pas vous faire endurer déception et frustrations. Attention de ne pas vous retrouver paralysé ou en permanente insatisfaction, et devenir un collaborateur « difficile » dans vos relations avec les autres. Si vous n’arrivez pas à déléguer tant vous estimez que vous seul pouvez contrôler les événements, ou si vous considérez que les autres ne produisent pas un travail aussi parfait que ce que vous pensez faire, vous être en train d’atteindre votre seuil d’incompétence.

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Comment devenir perfectionniste et s’en sortir

Outre votre prédisposition ou votre éducation au perfectionnisme, vous vivez dans une société qui valorise, encourage et récompense l’excellence. Mais avec la baisse de rendement souvent observée chez le perfectionniste arrivent des troubles de santé, des symptômes dépressifs : plus rien ne vous satisfait, votre objectif n’étant jamais atteint, parce que trop élevé, vous ne développez pas de confiance en soi.  Pour enrayer ce cercle vicieux, vous devez prendre conscience de ses effets néfastes et remettre en question votre système de valeur. Votre valeur en tant que personne est probablement pour vous directement dépendante de l’importance de vos réalisations, alors qu’il est pertinent de distinguer votre valeur personnelle de vos actes. Vous avez sûrement à démonter un raisonnement erroné selon lequel vous estimez que votre travail ne vaut rien s’il n’est pas parfait. Arrêtez de tout généraliser et de voir dans un événement négatif isolé le signe de ce qui vous arrive en permanence, et optez pour des pensées nuancées, objectives et valorisantes.

Evaluer le succès en termes de plaisir ressenti

Au lieu de poursuivre un objectif irréaliste et de vous obstiner, donnez-vous en un atteignable et ajustez vos exigences selon les circonstances, ainsi cumulerez-vous des gains, vous gagnerez en confiance en vous et augmenterez votre motivation.  Vous pouvez aussi revaloriser le sens de l’effort qui est la clé de la réussite et non la possession d’une intelligence exceptionnelle. Si vous éprouvez insatisfaction, frustration, abattement, anxiété ou épuisement, cherchez à en comprendre les raisons, et à valider que vous n’êtes pas entrain de vous demander l’impossible ou de générer votre propre mal être. Un moyen de vous extirper de cette prison du perfectionnisme consiste à utiliser le curseur du plaisir. Lancez-vous dans des activités en fonction du plaisir qu’elles vous fournissent et non du seul résultat recherché. Faire des erreurs est normal et même nécessaire pour apprendre. Offrez-vous le droit à l’erreur et acceptez vos imperfections.

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1 COMMENTAIRE

  1. Très bon article traitant d’un sujet touchant tant de managers. Le perfectionnisme est bien une source de débat car je pense que quand on a les bons résultats, on le considère comme moteur de développement et à l’inverse on le voit comme un défaut. Il s’agit donc de trouver un équilibre et de connaitre les effets de ce qu’on est et ce qu’on fait. J’aime la façon dont vous traitez le sujet surtout dans la partie ‘comment s’en sortir”. merci

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