.independent.ie

La quantification permanente

Pour Liv Boeree, penser comme un joueur de poker consiste à probabiliser les conséquences de chacun de ses choix et globalement, d’une manière générale l’avenir. Quand vous jouez une partie de poker, vous ne pouvez pas vous contenter d’un « il doit sûrement bluffer » pour prendre votre décision de relancer ou non, car « sûrement » n’est pas fiable. Pour décider de continuer ou pas le jeu, vous devez quantifier le « sûrement ». Votre partenaire de jeu bluffe-t-il plutôt à 25 % ou à 60 % ? Voilà le type d’interrogation qui vous permet de jouer intelligemment. Liv Boeree qui en juin 2017 cumulait plus de 3 300 000 $ de gains en tournois de poker applique ce précepte à tout, et quantifie tout ce qu’il est possible de quantifier dans sa vie quotidienne, dans le but de mieux planifier les événements et in fine prendre la meilleure décision. « Si je lui achète ce cadeau, va-t-il l’apprécier à 20 %, à 50 %, à 80 % ? » « Si j’accepte cette mutation alléchante, mais loin de ma famille, quelles sont mes chances d’être réellement heureuse ? Plutôt 20 % ou 80 % ? » « Quelles sont mes chances d’oublier mon texte pour cette conférence Ted ? Plutôt 25 % ou 75 % ? », etc.

Numériser pour mieux communiquer

Cette numérisation frénétique concerne aussi la bonne communication avec les autres, comme le précise Liv Boeree. Si des amis lui demandent : « Viendras-tu à notre soirée ? », Liv Boeree ne répond jamais « oui, sûrement », mais donne plutôt l’estimation la plus proche de ses intentions « je ne te garantis pas que je vienne à 100 %, car j’ai des obligations familiales. En fait, il y a 60 % de probabilité que je vienne à la soirée. » Ce rapport aux chiffres, effectivement, a l’avantage de clarifier les situations et de ne laisser aucune place à ambiguïté.
[asa]2100710230[/asa]

Moins d’intuition, plus de rationalité

Avec la démocratisation du jeu et la professionnalisation de la pratique, le poker est devenu un vrai challenge stratégique, qui dépasse largement l’époque où « la ruse et l’analyse comportementale » suffisaient à l’emporter. Dans ce contexte, l’intuition comme réponse magique – « il bluffe, je le sens ! » – a de moins en moins de place au poker. Il en va de même dans la vie. Selon Liv Boeree, l’intuition semble fiable essentiellement pour de petites décisions du quotidien « sur lesquelles nous avons beaucoup d’expérience ». À l’inverse, « pourquoi prétendre que l’intuition est préférable à une analyse en bonne et due forme pour les grandes décisions de vie, comme la carrière ou le choix du conjoint ? », explique-t-elle, d’autant que l’intuition se trouve largement influencée par nos préjugés ou encore par nos espérances secrètes.
Dans tous les cas, les plus grands joueurs de poker fondent leurs décisions de jeu sur « l’analyse lente et prudente » avant éventuellement de probabiliser la réalité d’une intuition. « Ton instinct est ton ami ; l’analyse « coût-bénéfice » l’est aussi », conclut Liv Boeree avec beaucoup d’humour à la fin de la conférence Ted.

Modifier votre rapport à la chance

Liv Boeree explique que la vie, la santé, l’argent, les relations… sont fonction de nos choix de vie, mais aussi en partie de chance ou de malchance. Nous pouvons entretenir notre santé, par exemple, mais tomber malade malgré tout. Autre exemple, nous pouvons créer une entreprise et investir un secteur en croissance, mais ne pas rencontrer les bonnes personnes pour arriver au sommet. Le problème, selon Liv Boeree, est que face à cette inconnue, nous aurions la fâcheuse tendance à surestimer nos capacités en cas de succès, tout en invoquant la malchance en cas d’échec. Elle-même porte ce travers. Cette incapacité à évaluer objectivement ses qualités l’a souvent menée à prendre des décisions inadéquates et imprudentes. Pour renverser la vapeur, elle recommande de mettre son ego de côté avant de se demander quelle est la part de réussite qui vient vraiment d’elle et quelle est la part « chance » ou « hasard ». Cette vision de la vie permet d’embrasser un point de vue plus objectif, de moins se fourvoyer dans des situations fâcheuses, et de prendre de meilleures décisions de vie.
Lecture associée Le poker, atout majeur du patron 

Conseil lecture de la rédaction
Le livre “Neuromarketing : Le nerf de la vente”
[asa]2804147339[/asa]

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.