Ollivier Pourriol crédit photo buzzles.org

Travailler sans s’acharner sur une difficulté

Pour progresser, il faut travailler sans relâche oui, mais pas n’importe comment, précise Ollivier Pourriol. Dans l’ouvrage « (…) Réussir sans forcer », nous apprenons que travailler est essentiel, mais que s’acharner sur une difficulté en particulier s’avère contre-productif. C’est la pianiste Hélène Grimaud qui illustre cette théorie. Lorsqu’elle appréhende un nouveau morceau, elle explique qu’au lieu de répéter sans cesse la même mesure compliquée, la musicienne préfère rejouer l’intégralité de l’extrait incriminé, voire toute la partition. Cette façon d’aborder le challenge dans son ensemble plutôt qu’en insistant sur l’un de ses aspects complexes lui permet, d’abord de progresser sur tout le morceau, mais aussi – finalement – de passer la difficulté. Un gain de temps et de stress considérable si l’on en croit la pianiste.

« Commencez par continuer », disait le philosophe Alain

Sur le même principe, le philosophe Alain, cher à Ollivier Pourriol, avait coutume de dire « Commencez par continuer » signifiant qu’il est toujours plus facile de progresser sur les bases acquises – sur ce que l’on sait faire de mieux – que de partir de zéro. Dans l’ouvrage, cette expression est illustrée par le mode de travail de Stendhal. On y apprend que l’écrivain se consacrait essentiellement à continuer une œuvre déjà écrite (ou partiellement écrite) ou encore à approfondir le sujet d’un article déjà publié plutôt que de commencer une rédaction complètement nouvelle. Cette façon d’aborder le travail lui aura valu des publications foisonnantes dans un style et dans les domaines littéraires qu’il finira par maîtriser à la perfection : l’amour, la quête du bonheur et de la vérité.

S’occuper l’esprit pour diminuer ses peurs

Nous le savons tous, la peur est l’ennemie de la réussite, elle freine les initiatives, annihile les volontés les plus nobles. Point besoin d’aller au-delà de sa peur, selon Ollivier Pourriol, il faudrait surtout chercher à l’oublier, tout simplement. Ne pas penser à sa peur serait le meilleur moyen d’aller de l’avant. Comment ? En pensant à autre chose ! L’écrivain illustre son propos en évoquant le secret du célèbre funambule Philippe Petit
que vous vous connaissez certainement pour sa traversée illégale entre les tours du World Trade Center.
L’homme s’attelait à préparer lui-même toute la logistique de ses exploits, aussi – selon ses dires – pour éviter de penser à l’essentiel, à savoir la peur de chuter. Pire, d’après son témoignage, ses prouesses de funambule étaient illégales, justement parce que la démarche lui permettait de penser à la problématique « comment contourner le gardien » plutôt que sur sa peur de la chute. Occuper son esprit pour oublier ses peurs, tel serait le secret.

Descartes pour l’action en toutes circonstances

Enfin, n’oublions pas de citer le passage de l’ouvrage concernant Descartes. Le philosophe prônait l’action en toutes circonstances, quitte à avancer au hasard. Selon lui, constance et détermination permettent de progresser, quelle que soit la route empruntée et contrairement à l’inaction caractéristique de l’indécision. « Quand on ne sait pas où l’on va, il faut y aller… Et le plus vite possible », disait l’homme d’affaires et producteur Jacques Rouxel. Et si l’on pouvait arriver au même résultat sans un acharnement épuisant ? Avec légèreté et facilité ? Telle est la promesse de « Facile : l’art français de réussir sans forcer » d’Ollivier Pourriol, publié aux éditions Michel Lafon.

Petit bio d’Ollivier Pourriol
Ollivier Pourriol, philosophe, conférencier, essayiste et romancier français né à Lyon en 1971. Normalien et agrégé de philosophie, il évolue dans le sillage de pensée d’Hubert Grenier, son ancien professeur de philosophie et ami décédé en 1997. Ollivier Pourriol est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Mephisto Valse (2001), La Liberté heureuse : cours et conférences (2003), Polaroïde (2006), Éloge du mauvais geste (2010) ou encore Une fille et un flingue (2016). Il a également été scénariste pour jeux vidéo et réalisateur d’un court métrage appelé « Coupé au montage » (2005).

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