Les entreprises qui créent de l’emploi en France ne sont pas celles que l’on croit. C’est ce qui ressort d’une étude* réalisée par le groupe Xerfi établissant un palmarès des 500 premières entreprises créatrices nettes d’emploi en France sur la période 2008-2013 « les500.fr ». En voici les principaux résultats avec quelques surprises : il apparaît dans le Top 10 de ce palmarès deux entreprises de services à la personne peu connues et les grands groupes ne sont pas majoritairement en tête dans le classement. Détails de l’étude.

Un Top 10 diversifié des entreprises créatrices d’emploi

Voici le Top 10 des entreprises créatrices nettes d’emploi avec le nombre de créations nettes d’emplois entre 2008 et 2013 :

1 – O2 Développement (services à la personne) : 6 100
2 – EDF (électricité) : 5 800
3 – Airbus Group (aéronautique) : 5 400
4 – Safran (aéronautique et spatial) : 3 900
5 – Auchan (commerce de détail) : 3 800
6 – Lidl (hard-discounter) : 3 000
7 – McDonald’s (restauration rapide) : 2 800
8 – A2Micile (services à la personne) : 2 700
9 – Amazon (vente en ligne) : 2 600
10 – Iliad (internet et télécommunications) : 2 500.

Ce top 10 des créateurs d’emploi est éloquent de la diversité des secteurs et des profils d’entreprises. On trouve en tête, O2 Développement, une start-up dans le domaine des services à la personne, suivi d’EDF, une vieille entreprise d’État dans une industrie de réseau, d’Airbus, un groupe aéronautique européen, de Safran un champion technologique dans l’aéronautique, le militaire et le spatial, d’Auchan, un grand distributeur généraliste du commerce de détail, puis un hard-discounter (Lidl), Mc Donald, géant de la restauration rapide, A2Micile, nouvel acteur dans les services à la personne, Amazon, champion de la vente en ligne, et Iliad, un nouvel acteur clé de l’internet et des télécommunications…. “La machine des créations d’emploi marche sur plusieurs jambes, et recouvre dès les premiers rangs du classement un spectre large”, analyse l’étude.

Les ETI majoritaires dans la création d’emplois

C’est probablement le principal enseignement du palmarès. Les 100 premiers groupes créateurs nets d’emplois se composent à 63% d’ETI (entreprises de moins de 5000 salariés), parfois encore à l’état de PME ou de micro-entreprises en 2008, souvent d’entreprises récemment créées ou implantées en France et fréquemment méconnues du grand public (O2 Développement, Armonia, Acticall, ID Logistics, Neuronnes, Vitalliance, Figeac Aero, OVH, etc.). Ces entreprises volent souvent la vedette aux grands groupes qui sont minoritaires dans le classement (37 groupes sur 100). Ces petites ou moyennes structures sont encore surreprésentées dans la première moitié du classement (26 contre 24 pour les grands groupes).

Seuls 8 groupes du CAC 40 et seules 18 des 120 premières capitalisations se hissent dans les 100 premières entreprises du top 500. Au total, 37 des 200 plus grandes entreprises françaises (celles de plus de 5 000 salariés sur le territoire hexagonal) apparaissent dans le top 100. C’est peu par rapport à l’aura de ces groupes auprès des médias et des étudiants des grandes écoles. C’est beaucoup, en revanche, par rapport à la population de ces entreprises (18%) et à l’idée que les grandes structures internationalisées ne seraient plus en mesure de créer de l’emploi sur leur territoire d’origine.

Deux pôles principaux créateurs d’emploi

Deux grands pôles d’entreprises s’affirment comme moteurs dans la création d’emplois en France : les activités BtoB de services à forte valeur ajoutée et les activités de soutien aux particuliers. 35 des 100 premières entreprises du palmarès opèrent sur des marchés de service BtoB à forte valeur ajoutée : activités informatiques (11 groupes dont Sopra, Neuronnes, Econocom, etc.) ou encore activités juridiques, de conseil, d’ingénierie (16 groupes dont Deloitte, Altran, Alten, Accenture, etc.), une proportion très supérieure à la moyenne nationale. Ils contribuent à près du quart des créations d’emplois.

En ce qui concerne les activités de soutien aux particuliers, 35 des 100 premières entreprises du palmarès opèrent dans le commerce, l’hébergement, la restauration et des services à la personne. Ce second groupe d’entreprises a majoritairement recours à de la main-d’œuvre peu ou pas qualifiée, et représente 39% des créations d’emplois du top 100. Ces groupes consolident et organisent l’emploi émietté de leur secteur.

* Pour lire l’étude de Xerfi, cliquez ici.



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Sophie Lhameen, journaliste multimédia (web et print), a travaillé pendant 15 ans comme journaliste spécialisée sur l'Afrique avant de devenir en 2008, rédactrice en chef adjointe du magazine Le MOCI (Moniteur du commerce international) jusqu'en janvier 2013. Ses centres d'intérêt : l'entreprise, le management, les ressources humaines, l'emploi, l'économie, l'intelligence économique et de l'international. Google+