Principe de Peter actualisé…

Benoit XVI a démissionné, un événement très rare dans l’histoire de la papauté pourtant riche en événements depuis deux millénaires. La démission ou le renoncement  est  pourtant prévue par le droit canon de la chrétienté. La première remonte déjà un Benoit, Benoit IX,  deux mois après son élection en mars 1045 il se retire pour des raisons encore floues  au profit de son oncle et redevient pape deux ans plus tard. La seule démission avérée est celle de Célestin V. En 1294 seulement après cinq mois sur le trône,  il publie un décret en vigueur aujourd’hui : un pape a le droit de démissionner, ce qu’il fait le 13 décembre 1294 et sera malgré tout canonisé par la suite. Autre exemple, en 1415, Grégoire XII s’en va  pour mettre fin au Grand Schisme d’Occident. Benoît XVI démissionne officiellement pour raison de santé. Ce départ pose la question du rôle du chef de l’église catholique, l’évêque de Rome, garant de l’unité de l’Église catholique romaine. Sa fonction exige de l’énergie et la capacité à parcourir le monde, affronter les questions de société et à notre époque de faire des arbitrages qui requièrent une force morale et physique. Le Pape traditionnellement élu à vie doit être aussi un manager et guider plus d’un milliard de catholiques dans le monde. Benoît XVI admet avec sagesse ses limites, il actualise la règle connue en management dans les entreprises,  le principe de Peter, qui devient ici celui de Pierre. Il est en fonction jusqu’au 28 février 2013 selon la constitution apostolique Universi dominici gregis publié par Jean-Paul II le 22 février 1996, date à laquelle son successeur devra être élu.
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Election/cooptation à plus de 34 tours…

Le collège électoral est composé des cardinaux âgés de moins de 80 ans. Est éligible un homme, et pas une femme,  prêtre catholique,  pas nécessairement  évêque, une ordination épiscopale immédiate peut être faite. Il peut ne pas être présent au Vatican pour être élu. Pas de déclaration  de « candidature », sous peine d’excommunication, pas de  campagne, pas de consigne de vote, pas de sondage, pas d’isoloir. C’est un acte de l’Église strictement spirituel et liturgique. L’élu accepte ou refuse son élection. S’il l’accepte, il choisit son nom pontifical. A partir de ce moment-là ses actes sont par définition apostoliques. Le  Collège des cardinaux en compte 118 âgés de moins de 80 ans, ils vont réunir à la chapelle Sixtine et procéder au vote. A chaque scrutin, 2 ou 3 bulletins de vote leur sont distribués, un tirage au sort désigne des scrutateurs. Les cardinaux inscrivent le nom de l’élu sur le  bulletin et le déposent plié dans le calice sur l’autel de la chapelle. Les scrutateurs dépouillent et décomptent des voix. Pour être élu, il faut 2/3 des voix. Si la majorité n’est pas atteinte, les bulletins et les notes sont brûlés dans le poêle de la chapelle Sixtine avec un fumigène pour donner une fumée noire.  Si, après les trois premiers jours, aucun pape n’est  élu, le scrutin est suspendu pendant au maximum une journée pour des prières. Pendant les vingt-et-un votes suivants, une interruption identique a lieu tous les 7 scrutins. Si le pape n’a pas été élu après 34 tours de scrutin, seuls les deux candidats qui ont reçu le plus de voix sont éligibles, sans pouvoir eux-mêmes voter, toujours à la majorité des deux tiers reste en vigueur.
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2 Commentaires

  1. L’une des caractéristiques de ce processus est qu’il fonctionne par cooptation, un mode de fonctionnement qui existe dans beaucoup d’organisations : de l’amicale des anciens de l’école Sainte-Geneviève à la franc-maçonnerie en passant par le Rotary … L’avantage de ce fonctionnement est qu’il garantit une certaine homogénéité dans le profil des dirigeants, et surtout qu’il garantit le respect de la tradition, c’est à dire d’une transmission ininterrompue. L’inconvénient de ce système, c’est la présence de luttes de clan (d’autant plus violentes qu’elles sont masquées), le refus des nécessaires évolutions au nom d’une tradition réduite à une routine incomprise, et enfin la nomination de leaders médiocres permettant de réaliser un consensus entre factions rivales.

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