PMI et PME, proies de l’espionnage industriel

L’espionnage industriel ou espionnage économique  vise le commerce et  peut être effectué par un gouvernement ou une entreprise privée. Complément de l’intelligence économique dont les moyens sont légaux, il inclut aussi ces méthodes, mais aussi des moyens aussi particuliers qu’illégaux :  pots-de-vin, chantage, surveillance électronique, voire violence.  Les entreprises fiancent d’importants départements dédiés aux aspects légaux de l’«investigation » industrielle. À l’heure de l’immatériel, la frontière entre espionnage industriel et investigation légale est floue : l’accès à l’information est très aisé par le réseau internet et par les pratiques d’influence exercées lors des multiples colloques et salons professionnels, le droit est complexe, voire flou.  Pour protéger ses secrets, il faut commencer par réaliser que l’on en a. Si certains secteurs, comme la finance ou la défense, connaissent pour des raisons évidentes des réglementations très strictes, la prise de conscience du caractère sensible de certaines informations est loin d’être toujours évidente. Chacun a, à son échelle et selon son métier, des savoir-faire à protéger. L’industrie doit protéger les recettes de fabrication qui ne sont pas brevetées pour ne pas être rendues publiques. Les prestataires de services doivent éviter de divulguer toute information sur son fonctionnement, sa stratégie et ses projets.  Chacun à son échelle et selon son métier doit protéger ses savoir-faire. La valeur du patrimoine immatériel emprunte plusieurs voies et les fuites d’information facilitées.

Contre-espionnage impératif

Le contre-espionnage concerne tout dirigeant de PME ou de PMI, préoccupés par le business court terme,  cela ne concerne pas que les grandes sociétés. Au contraire souvent les PME et PMI sont la cible d’espionnage économique car elles sont innovantes. Les grands groupes du CAC 40 sont sécurisés en interne face à ces attaques avec des experts de l’intelligence économique.  Pour protéger ce qui ne doit pas sortir de son  entreprise, il importe de trier ses données :  celle accessibles au public, celles qui circulent dans l’entreprise et celles qui doivent rester confidentielles. Pour que les secrets ne circulent pas, il faut en limiter l’accès avec une règle essentielle:    chaque salarié doit accéder uniquement à l’information dont il a besoin quotidiennement. Les ressources humaines n’ont pas besoin de toutes les données financières de l’entreprise. Les responsables commerciaux qui utilisent une base de données pour trouver les adresses ne doivent pas connaitre les numéros de comptes bancaires.  Il faut donc cloisonner l’entreprise, installer des portes coupe-feu, en veillant de ne pas altérer la communication interne, la synergie entre les services  et le travail d’équipe.

 

Grandes affaires d’espionnage industriel

Coca-Cola, en 2007, une ancienne salariées de Coca-Cola, Joya Williams, est reconnue coupable d’avoir tenté de vendre à Pepsi Cola des secrets de l’entreprise. Michelin toujours en 2007 déjoue un transfert de technologies mené par un ancien cadre en faveur de Bridgtetone qui en informe Michelin. En  2005, la police israélienne interpelle des hauts responsables de plusieurs entreprises israéliennes pour un espionnage informatique. Un pirate informatique de Londres infiltrait et contrôlait  les systèmes d’autres sociétés à des fins commerciales. On parle aussi souvent du cas de Tupolev Tu-144 ressemblant tellement au Concorde qu’on affubla du nom de Concordski. Sergei Pavlov directeur du bureau parisien d’Aeroflot est arrêté en 1965 avec les plans des freins et du train d’atterrissage. Selon le Sunday Times en 1996 des agents de la CIA piratent les PC du Parlement Européen et de la Commission Européenne pour capter des infos économiques et politiques dans la perspective des négociations du GATT.  En 1993, un salarié de Volkswagen est accusé d’avoir donné des infos de Général Motors à sa nouvelle entreprise. Volkswagen et General Motor  passent un accord : Volkswagen licencie l’indélicat et verse 100 millions de dollars à GM. Autres cas relatés dans la presse : Ericsson en 2002,  Boeing en 2006, Kia Motors en 2007, Rio Tinto… jusqu’à Renault récemment  concernant 3 cadres dont 1 du comité de direction.
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