France 2026 : croissance et avenir du leadership

En 2026, la France cherche l’équilibre entre régulation, innovation et acceptabilité sociale. Les dirigeants doivent composer avec l’IA, la pression politique sur les rémunérations et une croissance sous contrainte. Le leadership s’adapte, plus exposé, plus encadré, plus attendu.

Croissance économique : entre incertitude et résilience

En 2026, la France avance dans un contexte économique marqué par la prudence. La croissance du PIB devrait atteindre 1,1% selon les dernières prévisions, après une année 2025 en demi-teinte. Les moteurs traditionnels, comme la consommation des ménages et l’investissement privé, reprennent progressivement, mais restent freinés par une incertitude politique persistante et des tensions internationales. Les débats budgétaires au Parlement, la réforme de l’État et la maîtrise du déficit public sous les 5% du PIB sont au cœur des priorités gouvernementales. Les entreprises, quant à elles, font preuve d’un volontarisme prudent : plus de la moitié des dirigeants se disent confiants ou optimistes, malgré une hausse des préoccupations liées aux risques géopolitiques et économiques.

La dynamique entrepreneuriale reste solide. En 2025, 34% des Français participent à la chaîne entrepreneuriale, un record historique qui traduit une aspiration croissante à l’autonomie et à l’accomplissement professionnel. Les femmes et les jeunes générations s’imposent de plus en plus dans ce mouvement, portées par des dispositifs d’accompagnement et une volonté de créer ou reprendre des entreprises, même dans les quartiers prioritaires. L’intelligence artificielle, la transition énergétique, l’économie circulaire et la mobilité décarbonée sont les secteurs moteurs de la croissance. Ils bénéficient d’investissements massifs, comme en témoigne le sommet Choose France et ses 20 milliards d’euros d’engagements, dont 17 milliards dédiés à l’IA.

Transformation du rôle des dirigeants : vers un leadership éthique et systémique

Le rôle des dirigeants français évolue rapidement. Face à la montée des incertitudes et à la complexité des enjeux, le leadership se réinvente autour de la résilience, de l’adaptabilité et de la responsabilité collective. Les conseils d’administration arbitrent désormais entre souveraineté économique, relocalisation industrielle, cohésion sociale et exigences éthiques. La gouvernance d’entreprise s’oriente vers un modèle durable, intégrant la transparence, la mobilisation des équipes et le suivi des engagements environnementaux et sociaux.

Les attentes sociétales sont fortes. Les salariés réclament plus de consultation, de proximité et de pouvoir partagé dans l’entreprise. Le dialogue social, bien que reconnu comme essentiel, reste fragilisé par le manque de temps, de moyens et de reconnaissance des représentants du personnel. Les enjeux de santé au travail, de conditions de travail et de pouvoir d’achat demeurent prioritaires, tandis que la qualité de vie au travail (QVCT) s’impose comme un levier majeur de fidélisation et d’engagement.

La montée en compétences des dirigeants devient incontournable. La formation continue, le mentorat et le transfert de savoirs entre générations sont encouragés pour répondre aux défis du management hybride, de la gestion à distance et de l’intégration des outils numériques. Les managers de demain devront conjuguer intelligence émotionnelle, agilité, esprit critique et capacité à piloter des équipes augmentées par la technologie.

Intelligence artificielle : accélération et régulation

L’intelligence artificielle s’impose comme un levier stratégique dans les entreprises françaises. En 2025, 91% des directions considèrent l’IA comme une priorité ; 44 % ont lancé des projets concrets, principalement dans la génération de contenus, la recherche d’informations et l’automatisation des tâches. Les grandes entreprises sont en tête de l’adoption. Les PME et ETI accélèrent leur transformation, portées par des investissements publics et privés, des clusters spécialisés et des programmes de formation ambitieux.

La régulation européenne, avec l’entrée en vigueur de l’EU AI ACT, impose un cadre strict pour garantir la sécurité, la transparence et le respect des droits fondamentaux. Les systèmes d’IA à haut risque sont surveillés. Les entreprises doivent se conformer à des exigences de documentation, de gestion des risques et de contrôle humain. La France voit dans cette régulation une opportunité de renforcer sa souveraineté numérique et d’encourager l’innovation, notamment à travers des bacs à sable réglementaires et des investissements dans la formation de 100 000 spécialistes par an.

L’impact de l’IA sur le leadership est profond. Les dirigeants ne supervisent plus seulement des personnes, mais aussi des systèmes qui supervisent les équipes. La maîtrise de l’IA, le sens éthique, la pensée systémique et la capacité à adopter une vision à long terme deviennent des compétences clés. Les fonctions de direction se transforment : le leader doit arbitrer les suggestions de l’IA, créer la vision et donner une direction claire, tout en préservant l’humanité du management.

Gouvernance, éthique et attentes sociétales

La gouvernance d’entreprise en France franchit une nouvelle étape. Après l’ère de la discipline financière et de l’alignement actionnarial, la responsabilité sociétale et l’intégration des critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance) s’imposent comme des standards incontournables. Les crises successives, sanitaires, géopolitiques, climatiques poussent les conseils d’administration à arbitrer entre performance économique, résilience et engagement éthique.

Les entreprises déploient des politiques durables, favorisent la transition digitale et repensent leur culture interne pour conjuguer progrès environnemental et engagement collectif. La transparence, la responsabilité et l’inclusion deviennent des critères majeurs, portés par des équipes multidisciplinaires et des spécialistes du développement durable. Les témoignages d’acteurs du secteur confirment l’efficacité des pratiques innovantes, la montée de l’engagement et la réduction de l’impact environnemental.

Les attentes des salariés et des syndicats évoluent. Le dialogue social, bien que reconnu, reste marqué par des tensions et des exigences de renouveau. Les représentants du personnel réclament plus de moyens, de formation et de reconnaissance. Dans le même temps, les salariés attendent des actions concrètes sur l’égalité professionnelle, la santé au travail et la transition écologique. La création de commissions environnementales et la transparence sur la répartition femmes-hommes sont plébiscitées mais les moyens d’action restent inégaux.

Profils de leadership émergents et montée en compétences

Les profils de leadership en France évoluent vers plus de diversité, d’inclusion et d’agilité. Les métiers émergents ou en évolution permanente. Identifiés par France Compétences, elles répondent aux priorités nationales en matière de transition numérique et écologique : développeur blockchain, responsable green IT, technicien valoriste du réemploi, coordinateur d’intimité dans l’audiovisuel, etc. Ces nouveaux métiers traduisent l’accélération des transformations dans l’industrie, le bâtiment, la mobilité et la bio production.

La formation à l’IA et aux compétences numériques se démocratise. Les entreprises multiplient les parcours de formation, les « serious games » et les ateliers immersifs pour acculturer l’ensemble des collaborateurs. Les grandes entreprises, comme La Poste, déploient des écoles de la DATA&IA et des programmes de reconversion pour accompagner la montée en compétences. Microsoft vise la formation de 100 000 Français à l’IA générative. MistralAI propose des plateformes dédiées aux entreprises.

Le management hybride, la gestion à distance et le leadership partagé deviennent la norme. Les managers doivent intégrer les différences de valeurs, de priorités et de modes de travail entre les générations. En parallèle, ils doivent favoriser l’autonomie, l’expérimentation et la prise de décision décentralisée. L’intelligence émotionnelle, la capacité à gérer des équipes mixtes et la maîtrise des outils d’IA sont des compétences recherchées pour piloter la transformation des organisations.

Transition écologique : obligations, leviers et performance

La transition écologique s’impose comme un projet stratégique pour les entreprises françaises. Issues de la loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire (AGEC) et du paquet économie circulaire européen, les réglementations de 2025-2026 imposent des obligations strictes en matière de tri des déchets, de valorisation des biodéchets et de réduction des émissions de carbone. Les entreprises doivent optimiser leurs flux, documenter leur conformité et intégrer la valorisation dans une stratégie globale de performance environnementale et économique.

L’ADEME, principal financeur public, accompagne plus de 9 500 entreprises dans leur transition écologique, avec 2,5 milliards d’euros d’aides en 2024. Les dispositifs couvrent l’efficacité énergétique, la décarbonation industrielle, la chaleur renouvelable, l’économie circulaire et la mobilité durable. Les méthodologies ACT (Accelerate Climate Transition) et les outils de suivi permettent aux entreprises de structurer leur démarche, d’évaluer leur impact et de présenter des plans d’action crédibles aux parties prenantes.

Les bénéfices de la transition écologique sont concrets : réduction des coûts, innovation, attractivité renforcée et accès à de nouveaux marchés. Les entreprises engagées dans la sobriété, la circularité et la décarbonation deviennent des acteurs de solutions, capables de transformer les contraintes réglementaires en leviers de compétitivité et de souveraineté. Les coalitions sectorielles, les comités-métiers et les clubs d’entreprises favorisent l’intelligence collective et la diffusion des bonnes pratiques.

Politiques publiques et stratégie nationale

Portée par France Stratégie et le Haut-commissariat au Plan, la stratégie nationale s’articule autour de trois axes prioritaires : le système productif et le modèle social, la transition écologique et l’aménagement du territoire, les reconfigurations démocratiques. Le programme de travail 2025-2026 vise à éclairer le débat public, à orienter l’action de l’État et à renforcer la communication autour des rapports et des propositions. La fusion des deux entités, France Stratégie et le Haut-commissariat au Plan, marque une volonté de réunifier l’expertise et la créativité pour anticiper les défis démographiques, économiques et climatiques.

Le budget 2026, présenté au Parlement, concilie le financement des priorités stratégiques, la préservation du modèle social et la restauration des marges de manœuvre budgétaires. Les efforts de réduction des dépenses portent sur le recentrage des aides aux entreprises, la régulation des dispositifs d’insertion et la rationalisation des niches fiscales. Les investissements dans la défense, la transition écologique, l’éducation et la recherche sont maintenus, tandis que la lutte contre les fraudes sociales et fiscales est renforcée.

Les politiques publiques encouragent l’innovation, la formation et l’accompagnement des entreprises dans leur transformation numérique et écologique. Les dispositifs de financement, les appels à projets et les partenariats avec les régions, les chambres consulaires et Bpifrance favorisent la massification des solutions et la mobilisation des acteurs économiques.

Tendances managériales et pratiques des ressources humaines

Les tendances managériales en France pour 2026 placent l’humain, la flexibilité et les nouvelles technologies au cœur de la stratégie d’entreprise. Le management hybride, la gestion à distance et le leadership partagé deviennent la norme. Ces fonctions sont portées par la montée du télétravail, la diversité des générations et l’intégration de l’IA dans les processus décisionnels. Les managers doivent développer des compétences en intelligence émotionnelle, en gestion du bien-être et en pilotage de la transformation digitale.

La formation continue, le mentorat et le transfert de savoirs sont encouragés pour répondre aux défis de la montée en compétences et de l’adaptation aux nouveaux métiers. Les entreprises investissent dans des programmes de formation personnalisés, des ateliers immersifs et des parcours modulaires pour accompagner la montée en compétences de tous les collaborateurs, du manager au technicien.

La responsabilité sociétale, l’inclusion et la diversité deviennent des critères majeurs pour attirer et fidéliser les talents, en particulier les jeunes générations. Les politiques internes évoluent pour intégrer les différences de valeurs, de priorités et de modes de travail, favorisant la coopération interservices, l’innovation collective et la co-construction des solutions.

Leadership sectoriel et dynamique entrepreneuriale

Les secteurs moteurs de la croissance en France – IA, transition énergétique, économie circulaire, mobilité décarbonée, industrie verte – bénéficient d’investissements massifs et d’un accompagnement public renforcé. Les entreprises innovantes, les start-ups et les PME sont soutenues par des dispositifs de financement, des clusters spécialisés et des programmes de formation adaptés.

L’entrepreneuriat s’ancre durablement dans les aspirations des Français. En 2025, 3 Français sur 10 considèrent l’entrepreneuriat comme le choix de carrière idéal. L’indice entrepreneurial progresse dans tous les territoires, y compris les quartiers prioritaires. Les freins à la création d’entreprise restent principalement personnels : manque de crédibilité, gestion du stress, équilibre vie pro/vie perso. Les dispositifs d’accompagnement, de financement et de formation sont essentiels pour transformer l’intention en projet concret.

Les parcours entrepreneuriaux deviennent plus longs et évolutifs, marqués par des phases d’attentisme et des trajectoires multiples. Les ex-chefs d’entreprise ouvrent souvent la voie à de nouveaux projets, tandis que les femmes et les jeunes générations s’imposent dans la chaîne entrepreneuriale.

Le leadership traduit la capacité d’un leader à obtenir de ses équipes une adhésion forte et durable à la réalisation d’un projet ambitieux. ” De Françoise Gri

À lire :
France Stratégie IA et transformation du travail des cadres ;
Les Échos Rémunération des dirigeants  ;
Bpifrance Le Lab ;
Le Monde Croissance française 2026 ;
Institut Montaigne – Gouvernance et IA ;
Xerfi ;
Medef Baromètre des dirigeants.