De leader situationnel à leader transformationnel

Les dernières tendances en matière de management mettent à l’honneur ce que l’on appelle « le leader situationnel », c’est-à-dire une personnalité apte à s’adapter aux personnes et au niveau de maturité de l’entreprise. Plus ou moins directif, plus ou moins collaboratif ou délégatif, le leader situationnel personnalise son mode de management à l’organisation qu’il a en face de lui, malgré des équipes transverses, multiculturelles, dispersées sur plusieurs sites ou en télétravail. Mais une conférence organisée en mai dernier par les Affaires Brio (Canada), en partenariat avec HEC Montréal, a mis à l’honneur une autre forme de leadership : le leadership transformationnel. Le terme existe depuis une trentaine d’années, mais l’engouement pour ce mode de management est plus récent.
« Existe-t-il un code génétique propre aux leaders transformationnels ? » Tel était le thème du débat lancé par les Affaires Brio, animé par des dirigeantes canadiennes*. Il en ressort un portrait-robot du leader transformationnel.

Un leader apte à conduire le changement

Le leader transformationnel est une personnalité dont le point fort n’est pas de s’adapter à toute épreuve – comme c’est le cas du leader situationnel – mais de communiquer sa vision. Exalté, doté d’une grande intelligence émotionnelle, ce type de manager fédère. Son potentiel de leadership venant de sa passion qu’il transmet « de manière sincère et émotive », selon les termes évoqués au cours de la conférence par la femme d’affaires Linda Roberge. En conséquence, les personnes qui l’entourent embrassent sa cause. Influence, inspiration, motivation ou encore stimulation intellectuelle sont les mots-clés qui définissent ce type de leadership, particulièrement apprécié dans la conduite du changement.

L’émotion à la base du leadership, une qualité nouvelle

Aussi proche de ses collaborateurs que le manager situationnel, le transformationnel a quelque chose en plus, qui constitue la base de son leadership. Il s’agit de l’émotion. Les participantes au débat ont relevé que cette qualité, à savoir la sensibilité exacerbée du leader, est plutôt nouvelle lorsque l’on aborde une fonction directionnelle. Loin d’être incompatible avec le poste de manager, elle serait même un atout pour mettre les collaborateurs en confiance dans un environnement instable.

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Pour mieux gérer, connaître les autres et se connaître soi-même

Cendrine Cartegnie appuie le côté empathique du leader transformationnel. Son intelligence émotionnelle lui permet, en situation de changement, de « conjuguer avec les résistances initiales et le temps d’adaptation dont ses troupes ont besoin pour retrouver leur zone de confort. »
Selon Isabelle Leclerc, ce leader se connaît suffisamment pour gérer les émotions des autres, mais aussi pour gérer les siennes, faculté indispensable « du fait de la grande quantité d’émotions en période de changements d’importance au sein d’une organisation ».
Exalté et passionné, le manager transformationnel communique ses émotions, mais surtout il les canalise et les maîtrise parfaitement, pour « maintenir les équipes dans un état de changement continu », selon Cendrine Cartegnie. En fait, son intelligence émotionnelle lui permet non pas de s’adapter aux freins de chacun comme le ferait un leader situationnel, mais de lever ces freins au profit d’un changement accepté, voire apprécié.

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Un rapport nouveau aux émotions dans l’entreprise

Finalement, cette rationalité pure et dure qui caractérise le management traditionnel, l’annihilation des émotions au sein des fonctions de décisions semble de moins en moins adaptée aux organisations en mouvement constant. Du management situationnel au management transformationnel, il n’y a qu’un pas… Concrétisé par un rapport nouveau aux émotions dans l’entreprise. Le leader transformationnel existe depuis toujours, mais c’est aujourd’hui, en plein bouleversement économique et sociétal, qu’il trouve sa place. Et vous, tendez-vous vers du management transformationnel pour vos équipes ?

Le lien vers la conférence 

*Les participantes au débat étaient Isabelle Leclerc, vice-présidente principale Ressources humaines à la Coop fédérée, Cendrine Cartegnie, cofondatrice de Synertek, Linda Roberge, vice-présidente principale Programmes stratégique et technologies chez Desjardins…

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