Quand l’on réalise une mission de management de transition, cela ne signifie pas nécessairement qu’il y a crise ou urgence. La mission peut prendre sa source dans la volonté d’innover, ou dans la volonté d’accroitre la profitabilité, ou encore dans le désir de la société de s’accroître par une acquisition externe. Mais attention : les missions de transition sortent du cadre du fonctionnement normal et habituel de l’entreprise et requièrent des expertises particulières et ponctuelles. Et pour réussir ces missions, 5 règles sont à respecter.

1 – Bien définir la mission

L’intervention du manager de transition doit se faire pour une durée limitée, sur un domaine déterminé, sur un périmètre géographique délimité, avec des objectifs clairs (et réalistes), dans un cadre financier défini, et séquencé dans le temps par un planning précis et des livrables intermédiaires mesurables. Chacun de ces mots clés doit trouver une réponse détaillée dans votre « ordre de mission ».

2 – Préciser son pouvoir

Pour la bonne exécution de cette mission, il faut que votre fiche de mission fasse l’objet d’une communication claire. Etant entendu que vous ne pouvez pas  « hériter » de plus de pouvoir que celui qui vous le donne en détient, l’officialisation de votre rattachement est le point essentiel.

3 – Fixer des critères d’appréciation de votre mission

Afin de bien cadrer l’intervention, les critères de mesure de votre action doivent être précisés. En d’autres termes, il est impératif de déterminer la base sur laquelle votre action sera jugée. Ces critères doivent être alignés avec les objectifs qui vous sont fixés. Il est également essentiel de mettre en exergue les moyens dont vous disposerez et de clarifier les limites de votre pouvoir en insistant sur ce que vous ne pourrez pas faire.

4 – Apprécier les priorités

Les priorités sont à associer et à aligner avec les trois types d’horizon : court, moyen et long terme. Mais, des actions à court-terme ne signifient pas obligatoirement des actions immédiates. A l’inverse, des actions long-terme ne signifient pas des actions repoussées dans le temps ; au contraire, des actions long-terme sont en général à initier rapidement, eu égard à l’inertie qui accompagne leur réalisation. Des actions immédiates de management sont à prendre quand il y a urgence. Une bonne méthode pour juger de l’urgence consiste à apprécier la situation en regard des risques. Mais le manager gardera également en mémoire les critères sur la base desquelles son action sera mesurée. Cela signifie que le manager doit disposer d’une bonne appréciation de son contexte pour savoir où placer ses priorités.

5 – Rester neutre

Pour réussir sa mission, il convient de dissocier les symptômes des effets générateurs. Mais le fait de remonter à la racine des problèmes met en lumière les dysfonctionnements passés. Il est facile, après coup, de porter un jugement sur les décisions prises. Il convient de toujours rester neutre par rapport aux personnes et de conserver les décisions dans leur contexte.



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Gil Develey, Directeur général d'une socité de conseil, Paris
Gil Develey est directeur général en société de services et de conseil. Il a développé une expertise dans le domaine de la transformation des entreprises et la direction de grands programmes en gérant des budgets d’investissement de plus de 140 millions d’euros. Depuis 1994, il a passé quinze années sur des affectations en Europe, en Asie et aux USA. Sa carrière professionnelle couvre tous les domaines de la grande distribution et de la supply chain. Depuis 2000, il s’est spécialisé dans le secteur de la finance : banque de détail (fusion de 1600 agences), institutions européennes (Banque européenne d’investissement) et administrations fiscales (ministère des Finances bulgare).