De la littérature à l’ingénierie : oser les chemins inattendus
Témoignage de Sarah Vuillemin, élève du programme !ngénieuses de la FIPA
Pendant longtemps, je n’ai pas imaginé que je deviendrais ingénieure. Mon parcours semblait tracé ailleurs, dans les livres, les idées et les mots. Après une licence de littérature obtenue avec enthousiasme, je pensais poursuivre naturellement vers un master. Mais les refus se sont accumulés. Ce moment d’incertitude, qui a duré près de deux ans, aurait pu devenir une impasse. Il s’est finalement transformé en point de bascule.
Le doute m’a obligée à interroger mes aspirations profondes
Qu’est-ce que je voulais vraiment faire ? À quoi souhaitais-je contribuer ? Peu à peu, mon intérêt s’est déplacé vers le monde de l’innovation et des solutions concrètes. Je découvrais un univers où les idées se transforment en réalisations tangibles, où les projets répondent à des besoins réels des territoires. C’est à ce moment-là que j’ai entendu parler du programme
!ngénieuses porté par la Fondation Innovations pour les Apprentissages (FIPA). Pour moi, ce dispositif a représenté bien plus qu’une opportunité de formation : il a été une porte d’entrée vers un univers professionnel auquel je ne pensais pas avoir accès.
Changer de voie lorsque l’on n’a pas de formation scientifique peut sembler vertigineux. Pourtant, j’ai vite compris que les compétences acquises dans un parcours littéraire ne disparaissent pas ; elles se transforment. L’esprit critique, la capacité d’analyse, l’aptitude à structurer une pensée ou à expliquer des situations complexes sont des qualités précieuses, y compris dans des environnements techniques.
Aujourd’hui, à 28 ans, je suis alternante chez SATELEC
Une filiale du groupe Fayat, au sein de la division Fayat Énergie Services. Je participe à des projets d’éclairage urbain, de signalisation lumineuse et de modernisation d’infrastructures électriques. Sur le terrain comme en bureau d’études, je découvre la complexité et la richesse de ces métiers : analyser les besoins d’un territoire, planifier des interventions, intégrer des normes de sécurité exigeantes, prendre en compte les contraintes environnementales. Chaque projet est un puzzle où la technique rencontre l’intérêt collectif.
L’alternance joue un rôle déterminant dans cette transition. Elle permet d’apprendre vite, au contact des équipes et des réalités opérationnelles. Elle offre aussi la possibilité de construire progressivement sa légitimité dans un secteur encore largement masculin. Car la question de la place des femmes dans les métiers techniques reste bien réelle. Les progrès existent, mais ils doivent encore s’accélérer.
Mon bagage littéraire enrichit mon engagement dans l’ingénierie
C’est pourquoi des programmes comme !ngénieuses sont essentiels. Ils ouvrent des perspectives à celles qui n’auraient peut-être jamais envisagé ces carrières. Ils montrent que les trajectoires professionnelles ne sont pas linéaires et qu’une réorientation peut devenir une force.
Si je partage aujourd’hui mon expérience, ce n’est pas pour en faire un modèle, mais pour rappeler qu’il existe plusieurs chemins vers l’ingénierie et l’innovation. Nous avons besoin de profils divers, de regards différents et de parcours atypiques pour répondre aux défis techniques et environnementaux qui nous attendent.
Mon bagage littéraire ne s’oppose pas à mon engagement dans l’ingénierie. Au contraire, il l’enrichit. Et c’est peut-être là la leçon principale de mon parcours : les détours ne sont pas des faiblesses. Ils sont parfois la meilleure façon de trouver sa voie.

