Portage salarial : quels sont les métiers les plus représentés ?

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Consultant informatique, chef de projet, expert RH, formateur, manager de transition… Derrière le portage salarial se trouvent des profils professionnels très différents. Ce dispositif est particulièrement adapté aux prestations intellectuelles réalisées de manière autonome pour des entreprises clientes.

Son fonctionnement repose sur une relation à trois : le professionnel trouve ses missions et négocie les conditions de sa prestation ; l’entreprise cliente bénéficie de son expertise ; l’entreprise de portage conclut un contrat de travail avec le salarié porté et facture la prestation au client. Le salarié porté doit disposer d’une expertise, d’une qualification et d’une autonomie lui permettant de rechercher lui-même sesclients et de négocier les conditions de ses prestations.

Pour le professionnel, le choix de la société de portage salarial constitue donc une étape importante. Au-delà des frais de gestion, plusieurs éléments peuvent être examinés : transparence des frais, accompagnement proposé, outils mis à disposition, modalités de rémunération ou encore garanties apportées par l’entreprise de portage.

Cette autonomie explique aussi pourquoi certains métiers se prêtent particulièrement bien au dispositif. Les activités les plus présentes ont généralement un point commun : une expertise clairement identifiable qui peut être proposée à différentes entreprises sous forme de missions.

1. Informatique et numérique : le domaine le plus représenté

Développement, cybersécurité, data, architecture informatique, transformation numérique ou conseil en systèmes d’information : les métiers de l’IT occupent une place importante dans le portage salarial.

Selon le rapport de branche 2023, 91 % des entreprises de portage interrogées déclaraient compter au moins un salarié porté exerçant dans les prestations informatiques. Il s’agissait du domaine le plus largement représenté parmi les entreprises interrogées.

Cette présence s’explique notamment par la nature de ces missions. Une entreprise peut avoir besoin, pendant quelques semaines ou plusieurs mois, d’une expertise technique précise qu’elle ne possède pas nécessairement en interne.

Pour un consultant expérimenté, le portage permet alors d’exercer son expertise de manière autonome tout en bénéficiant d’un contrat de travail avec l’entreprise de portage.

2. Gestion de projet : une expertise particulièrement adaptée aux missions

La gestion de projet figure également parmi les activités très présentes dans le portage salarial. Dans le même rapport, 84 % des entreprises interrogées indiquaient compter au moins un salarié porté dans ce domaine.

Transformation d’une organisation, déploiement d’un nouvel outil, lancement d’une activité ou conduite d’un programme transversal : les entreprises peuvent rechercher temporairement un professionnel expérimenté pour piloter un projet clairement identifié.

Cette logique correspond bien au cadre du portage salarial. Une entreprise cliente peut notamment recourir à un salarié porté pour une tâche occasionnelle ne relevant pas de son activité normale et permanente ou pour une prestation ponctuelle nécessitant une expertise dont elle ne dispose pas.

3. Ressources humaines et coaching

Les ressources humaines font également partie des domaines représentés dans les entreprises de portage. 69 % des structures interrogées dans le rapport 2023 indiquaient compter au moins un salarié porté exerçant dans les RH. Le coaching apparaissait dans 64 % d’entre elles.

Un professionnel expérimenté peut par exemple intervenir sur une transformation RH, un projet de recrutement, l’accompagnement d’une équipe ou certaines problématiques managériales.

Pour un cadre souhaitant devenir consultant après plusieurs années en entreprise, le portage peut ainsi permettre de transformer une expérience professionnelle accumulée en expertise proposée à différentes organisations.

4. Marketing et communication

Stratégie marketing, positionnement de marque, communication, acquisition, études ou accompagnement d’un lancement : ces activités peuvent également donner lieu à des missions autonomes.

Le marketing était représenté dans 67 % des entreprises de portage interrogées dans le rapport de branche 2023 et la communication dans 64 %.

Ces métiers illustrent bien la logique du dispositif : l’entreprise cliente fait appel à un professionnel autonome pour son expertise sur une problématique ou une mission déterminée.

Pour des cadres issus de directions marketing ou communication, le portage peut ainsi constituer l’un des moyens de passer progressivement d’une carrière salariée classique à une activité de consultant indépendant.

5. Formation professionnelle

La formation constitue un autre domaine bien représenté : 67 % des entreprises interrogées dans le rapport 2023 indiquaient compter au moins un salarié porté exerçant dans ce secteur.

Le modèle peut notamment intéresser des experts métiers souhaitant consacrer une partie de leur activité à la transmission de leurs compétences tout en continuant à exercer des missions de conseil.

Il faut néanmoins distinguer le recours au portage salarial du respect des règles propres à la formation professionnelle. Le choix de ce statut ne dispense pas le professionnel ou la structure concernée des éventuelles obligations réglementaires applicables à l’activité exercée.

6. Management de transition

Le management de transition est particulièrement pertinent pour des profils de cadres et dirigeants expérimentés. Il consiste à intervenir temporairement dans une organisation pour prendre en charge une fonction ou accompagner une situation particulière : transformation, réorganisation, développement rapide ou remplacement temporaire d’un dirigeant.

Dans le rapport de branche 2023, 67 % des entreprises de portage interrogées déclaraient compter au moins un salarié porté exerçant dans le management de transition.

Direction financière, ressources humaines, opérations, transformation ou direction générale : dans ce type de mission, l’expérience acquise au cours d’une carrière devient précisément l’expertise vendue au client.

7. Finance et audit

Les compétences financières trouvent elles aussi leur place dans le portage salarial. Dans le rapport de branche 2023, la finance était représentée dans 53 % des entreprises interrogées et l’audit dans 49 %.

Un ancien directeur financier, contrôleur de gestion ou spécialiste d’une problématique financière peut ainsi réaliser des missions auprès d’entreprises qui ont besoin ponctuellement de son expertise.

Une vigilance s’impose toutefois pour les professions réglementées : certaines activités sont soumises à des règles spécifiques et ne peuvent pas nécessairement être exercées librement dans le cadre du portage salarial.

Tous les métiers peuvent-ils être exercés en portage salarial ?

Le portage salarial n’est pas réservé à une liste fermée de métiers. Le Code du travail impose en revanche au salarié porté de disposer d’une expertise, d’une qualification et d’une autonomie suffisantes pour rechercher lui-même ses clients et convenir avec eux des conditions d’exécution et du prix de ses prestations.

Certaines activités sont par ailleurs exclues ou soumises à des règles particulières. Les prestations de services à la personne ne peuvent notamment pas faire l’objet d’un contrat de travail en portage salarial.

Le dispositif est donc particulièrement adapté aux activités dans lesquelles un professionnel peut commercialiser une expertise clairement identifiable et exercer sa mission avec une réelle autonomie.

Transformer son expérience de cadre en expertise indépendante

Au-delà des différences entre informatique, ressources humaines, marketing, finance ou management de transition, les métiers les plus présents en portage salarial présentent finalement plusieurs caractéristiques communes : une expertise identifiable, une forte autonomie et la possibilité d’intervenir ponctuellement auprès de différentes entreprises.

Pour un cadre expérimenté, le portage salarial peut ainsi représenter moins un changement de métier qu’une nouvelle manière de l’exercer. Une expérience construite pendant dix ou vingt ans dans une entreprise peut devenir une expertise proposée à plusieurs clients, sans nécessairement créer immédiatement sa propre société.

Le véritable enjeu consiste alors à déterminer ce que l’on sait apporter à une entreprise, dans quelles situations cette expertise crée le plus de valeur et à quelles conditions elle peut être exercée de manière autonome.

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