Série d’été « Les grands dirigeants du sport » 5/14

Président de la FIFA (Fédération internationale de football association) de 1974 à 1998, le Brésilien Joao Havelange a fait de cette organisation un véritable empire. Durant ses 5 mandats, les revenus de la FIFA ont considérablement augmenté avec le développement de contrats de sponsoring avec de grandes marques telles que Coca-Cola, JVC, Fujifilm, Philips ou McDonald et des droits de retransmission de la Coupe du monde passés de 30,5 millions d’euros à 94,3 en 1998. Tandis que le nombre de pays membres a grimpé à plus de 200 et les associations prenant part à la phase finale de la Coupe du monde a augmenté de 16 à 32. Portrait tiré du livre “Les grands dirigeants du sport”* rédigé sous la direction d’Emmanuel Bayle.

Champion de natation et entrepreneur

Né en 1916 à Rio de Janeiro de parents exilés belges, Joao Havelange va marcher très tôt dans les pas de son père, un entrepreneur décédé à 54 ans d’une crise cardio-vasculaire. Il commence par travailler pour une société d’un ami de son père où il devient chef du département d’import-export avant de monter à Sao Paulo avec son frère un cabinet d’avocat. Il fonde ensuite avec d’autres associés la société de transport urbain Viaçao Cometa, qui deviendra un géant du transport et dont il restera administrateur pendant 62 ans. Il s’investit aussi avec succès dans de multiples affaires dans divers domaines : assurances, chimie, etc. Parallèlement, il dispute à partir des années 1930 des championnats de natation (il a été plusieurs fois champion du Brésil) et de water-polo, ce qui lui permettra de côtoyer un nombre important de dirigeants mais aussi de joueurs.

Président de la Confédération brésilienne des sports

Dès les années 40, Havelange commence à endosser le costume de dirigeant sportif. En 1954, il devient directeur des sports aquatiques nationaux de la Confédération brésilienne des sports (CBS), organisme chapeautant tout le sport brésilien. Il va très vite grimper au sommet de la hiérarchie de cette organisation dont il devient le président en 1958. A cette fonction, il met en place une politique ambitieuse de développement qu’il appliquera aussi à la FIFA. Il s’occupe particulièrement du football en restructurant le championnat national et en engageant des médecins, des masseurs et un psychologue pour la sélection nationale. Cela donne des résultats dont il pourra se targuer par la suite : la Selecao remporte les Coupes du monde 1958, 1962, et 1970.

Tout puissant président de la FIFA

Très ambitieux, Havelange souhaite aller encore plus haut et devenir président de la FIFA. Pour cela il se prépare minutieusement et visite plus de 80 pays en 2 ans pour convaincre du bien fondé de sa candidature. Il promet notamment aux pays du Sud qui sont sous-représentés que des crédits seront alloués en faveur du développement du jeu dans les continents extra-européens et que des places supplémentaires à la Coupe du monde leur seront attribuées. Il est élu en juin 1974 et va développer la FIFA comme il l’a fait pour la CBS. En fin politique, il accepte la radiation de l’Afrique du Sud tant que le pays pratique le régime de l’apartheid.

Pour accroître les ressources financières de la fédération, il met en place une politique d’alliance avec de grandes firmes multinationales qui vont faire du sponsoring mais aussi soutenir des programmes de développement du football en tant que partenaires. Autres sources de recettes : les produits dérivés et les droits de retransmission TV de grandes compétitions comme la Coupe du monde. Pour mener cette politique, Joao Havelange va être épaulé par un certain Joseph Blatter, son homme de confiance qui deviendra en 1981 secrétaire général de la FIFA. Lorsque Havelange doit céder en 1998 sa place de président au bout de 24 ans après des soupçons de corruption, il fait jouer ses relations pour placer à la tête de la FIFA son protégé, Joseph Blatter.

* Pour lire l’ensemble du portrait de Joao Havelange : Les grands dirigeants du sport – 23 portraits et stratégies de management. Sous la direction de Emmanuel Bayle. Editions De Boeck.
L’auteur de ce portrait est Philippe Vonnard, professeur à l’Institut des sciences du sport de l’Université de Lausanne.



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Sophie Lhameen, journaliste multimédia (web et print), a travaillé pendant 15 ans comme journaliste spécialisée sur l'Afrique avant de devenir en 2008, rédactrice en chef adjointe du magazine Le MOCI (Moniteur du commerce international) jusqu'en janvier 2013. Ses centres d'intérêt : l'entreprise, le management, les ressources humaines, l'emploi, l'économie, l'intelligence économique et de l'international. Google+