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Que les gros salaires lèvent le doigt !

De la comédie dramatique au drame contemporain

En 1982 ce fut une comédie dramatique avec Jean Poiret, Michel Piccoli, Daniel Auteuil et Marie Laforêt… Le patron d’un cabinet d’assurances invite pour un week-end ses salariés dans sa maison de campagne. Cynique il veut déterminer quels  cadres, les « gros salaires »,  il doit  licencier pour sauver son entreprise. La cruauté du  monde de l’emploi et des licenciements économiques, sous une autre forme, reste d’actualité 30 ans plus tard.

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Fourchette ou fourche de salaires

L’Apec réalise régulièrement des enquêtes sur les salaires perçus par les cadres. Elles  mettent en évidence ce qui influe sur le niveau des rémunérations des cadres sont dispersés. Les rémunérations font le grand écart entre 30 K€ pour un débutant, des enveloppes de 150/200 KF pour les cadres supérieurs et des millions d’euros, et plus si rentabilité, des dirigeants des grandes entreprises. Cette fourche – difficile de parler de fourchette en l’occurrence – des salaires reflète des situations très variées au sein d’une communauté  de cadres pour le moins hétérogène.

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Rémunération : critère de calcul

Le salaire est fortement lié à l’expérience et à l’âge, il augmente avec ce dernier, surtout dans les premières dizaines d’années de vie active. La rémunération dépend aussi de la formation : un Master 2 gagne plus qu’un BAC +3,  un diplômé d’une école d’ingénieur ou de commerce plus qu’un universitaire.  La fonction occupée conditionne aussi le salaire : responsabilité hiérarchique, gestion d’un centre de profit, chiffre d’affaires apporté, fonction à l’international, expertise technique ou nouvelles technologies donnent un avantage très fort. Autre critère à prendre en compte : la localisation. Le parisien gagne plus que le provincial, mais moins que l’expatrié, les conditions de vie sont à prendre en compte pour avoir une analyse plus juste. Le secteur d’activité est aussi déterminant : l’industrie, les nouvelles technologies, le commerce de luxe…rémunèrent souvent mieux,  sans que cela soit une règle absolue. Enfin le risque paie : la répartition entre le fixe et le variable indexant le salaire sur les résultats peut booster le salaire comme le réduire au minimum garanti.

Salaires des cadres 2013 : les mêmes qu’en 2012

Selon un sondage mené par le cabinet Robert Half,  80% des DRH pronostiquent un gel des salaires pour l’année en cours. Même les  bonus et les autres rémunérations variables seraient touchés. Pour 15% des interrogés, leur entreprise est plutôt prête à les augmenter. Selon une autre enquête menée par le cabinet de conseil RH Altedia, les enveloppes budgétaires d’augmentation progresseraient de  2,25 % contre 2,50 % en 2012. Les secteurs les plus touchés par ces baisses seraient l’industrie et la grande consommation. Les cadres négocient de plus en plus les périphériques de leur rémunération :  primes, prise en charge de la mutuelle, du transport, dans un climat de recherche de recherche d’équité entre  hommes et femmes

Augmentation de salaires : le stress argument de choc

Dans le contexte économique et social, et politique actuel, il devient quasiment impossible d’obtenir une augmentation. Les entreprises serrent les budgets, accroissent la masse de travail demandé, ne remplacent pas certains cadres partant à la retraite ; le but est logique : maintenir ou retrouver un équilibre des comptes, augmenter la rentabilité par des économies d’échelle dans une guerre des prix sur un marché mondialisé. Le cadre pressé et stressé doit trouver des arguments percutants. Surcharge de travail, pression hiérarchique, rôle et responsabilité de fait accrus, résultats dépassant les objectifs….peuvent convaincre parfois. Nouveauté des temps modernes, le stress devient une arme de négociation salariale. Certains cadres en échange d’une pression forte obtiennent une augmentation, une prime, des avantages en nature, une simplification de l’organisation du travail ou un aménagement de la charge de travail…

Cadres qui ne connaissent pas la crise

Ils se trouvent aux deux extrémités de la fouche : ce sont les diplômés des écoles de commerce françaises les plus cotées et les dirigeants des grandes entreprises. Ces cadres ne connaissent pas la crise. Le dernier classement des Business School fait par le Financial Times classe dans les dix premiers l’ESCP Europe Master in Management (63 Kdollars),  HEC Paris (78,5 k dolars),  Essec Business School France, (72,2 Kdolars ), EMLyon Business School (55,8 K dolars).  A l’autre bout de la fourche, les rémunérations pharaoniques des dirigeants des entreprises du CAC 40 qui augmentent voire double régulièrement. Selon un article publié par la revue Commentaire, Jean Gatty, gestionnaire de portefeuille, explique cette  inflation par la pénurie de patrons –  le « coût de production » d’un dirigeant augmente, il se  fabrique en 20/30 ans-, la transparence des rémunérations, qui fait baisser en général les prix, mais dans ce cas pousserait les dirigeants à se comparer, les moins âpres au gain se sentant obligés, du fait de cette transparence, d’exiger une rémunération alignée sur celle de leurs pairs.

http://rankings.ft.com/exportranking/masters-in-management-2012/pdf

TOUCHEZ-VOUS LE BON SALAIRE ?

En savoir plus sur le film « Que les gros salaires lèvent le doigt »

 


Jeu de chaises musicales par george-orwell

Rémunérations : un nombre impressionnant de mots

Dans notre pays où l’argent est tabou, nous avons un vocabulaire riche pour définir la rémunération d’un travail.  Florilège à compléter:  un fonctionnaire touche un traitement, un curé le denier du culte, un médecin ou un avocat des honoraires, un officier ministériel touche des émoluments, un employé de maison des gages, un propriétaire un loyer,  l’épargnant encaisse une rente,  la mère de famille des allocations, un chômeur des allocations chômage,  un employé des appointements, un comédien un cachet, un serveur un pourboire, un  mendiant des aumônes, un militaire reçoit une solde, le senior une retraite, un administrateur des jetons de présence et des tantièmes, un patron un golden parachute, un VRP une commission, un écrivain des droits d’auteur, un CDD une vacation…

Pour les amateurs des dialogues à la Audiard, voici son dictionnaire pour parler d’argent :  artiche,  as, aspine, balles, beurre, biftons, blé, braise, douille, fafios, fric, fifrelins, flous, flouze, fraîche, galette, galtouse, grisbi, japonais, oseille, osier, pépettes, pèze, picaillons, pimpions, pognon, radis, ronds, talbins, thunes, trèfle, ferraille, mornifle…

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Reid Nalliat, Paris

Reid Nalliat, Paris

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