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Comment faire de la France une machine à fabriquer des emplois

Le chômage en 2015 a connu une baisse dans la quasi-totalité des pays de l’Union Européenne. En janvier 2016, alors que l’Allemagne annonce son taux de chômage le plus bas depuis 1990, la France accuse dans le même temps un nouveau record absolu du nombre des sans-emploi. Le chômage en France n’est pas une fatalité si on l’envisage sous l’angle du cercle vertueux. Comment booster la France en machine à fabriquer des emplois.

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Traiter les causes plus que les effets

Les gouvernants français ont manifestement opté pour le cercle vicieux : + de chômeurs = moins de cotisants = système de financement qui s’enfonce dans le rouge = réduction des prises en charge (dégressivité et délais raccourcis).  Dans ce scénario, on ne se préoccupe pas de trouver des emplois, mais uniquement d’apporter une solution qui prolonge le fonctionnement actuel. On ne traite pas la cause mais les effets.

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Prendre en compte la mondialisation

Envisageons le deuxième scénario consistant à apporter une réponse au problème : trouver des emplois. Pour apporter une solution d’ensemble, il convient d’établir une stratégie qui prend en considération les données locales, nationales et internationales, et met en perspective les trois horizons court-terme, moyen terme et long terme. Avec l’avènement d’internet, le commerce est devenu mondial. Jusqu’en 2000, le marché était local, avec des échanges internationaux maîtrisés. Depuis 2000, tout le monde peut commander depuis son ordinateur n’importe où dans le monde. En tant que consommateur, l’internaute obtient en ligne, l’offre mondiale complète des produits et des prix !  De fait, le marché français local ou national, et donc sa production, sont mis en concurrence avec les marchés Chinois, Indiens, Pakistanais (ces trois pays représentent pratiquement 3 milliards d’habitants).  Une  réflexion qui ne prend pas en compte la mondialisation et omet la concurrence de pays où le coût de la main d’œuvre est 10 fois moins élevé que le nôtre, est vouée à l’échec.

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Créer des emplois de proximité
et à forte valeur ajoutée

Essayer de concurrencer ces pays qui produisent des biens de la consommation quotidienne (ménagers, jouets, vêtements, …) est sans espoir.  Il faut donc axer la création d’emploi sur les domaines qui ne peuvent pas être concurrencés par ce trio : emplois de proximité ou à forte valeur ajoutée. Ceci étant posé, il y a deux réflexions à mener en parallèle :
1 – Quels sont les besoins actuels du marché de l’emploi en France
2 – Quels axes à moyen et long terme sont retenus par la France pour son développement économique.
La réflexion court terme a pour objet de mettre en adéquation, les besoins du marché de l’emploi français, et les personnes disponibles (sans-emplois).  Cette analyse permet de réconcilier l’offre et la demande : une fois la demande (besoins des professionnels en ressources et en expériences et en formations) déterminée, il devient possible d’adapter l’offre (personnes demandeuses d’emploi) à la demande. Notamment, en mesurant les écarts entre offre et demande, les besoins de formation vont se déduire naturellement. Cette démarche va permettre d’apporter une réponse rapide (quelques mois) aux nombreux emplois qui restent régulièrement insatisfaits.
La réflexion à moyen et long terme doit permettre d’orienter les secteurs de l’économie dans lesquels la France veut devenir championne ; ces choix étant posés, il va être possible de décliner les besoins en formation et donc de réaligner les cursus estudiantins avec les besoins.  Cela évitera à des milliers d’étudiants de sortir de leurs cursus avec des licences et des masters qui ne leur servent à rien pour trouver un emploi. Cela permet aussi de traiter le problème des personnes n’ayant aucun diplôme, en leur assurant une formation via l’apprentissage.
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Envisager le chômage
sous l’angle vertueux

Il est temps de considérer que des études généralistes ne sont pas le meilleur moyen de trouver un emploi, en revanche la formation sur le terrain, en entreprise, en prise directe avec des personnels expérimentés, est la façon la plus opérationnelle d’acquérir un savoir-faire reconnu et vendable. Oui, il est sérieux et réaliste d’envisager le chômage sous l’angle du cercle vertueux : moins de chômeurs = plus de cotisants = moins de charge sur le système de l’assurance chômage = prise en charge adaptée à chaque situation, et pour chaque catégorie de demandeurs d’emplois. Il est clair que le besoin de prise en charge d’une personne dans la catégorie 55/60 ans, n’est pas le même que celui qui en a 20 ou 30.

Une véritable machine
à trouver des emplois

Là également, il est urgent que le système d’assurance chômage  – qui a pour simple objet actuellement d’assurer la rémunération des sans-emplois et d’effectuer un suivi administratif –  devienne une véritable machine à trouver des emplois. Enfin, en cette période où les entreprises présentent des résultats financiers remarquables, on peut s’interroger sur la façon dont les ressources humaines sont utilisées comme variable d’ajustement, et comment les groupes français font supporter leurs coûts de variabilisation des emplois au système de l’assurance chômage….
Soit nous continuons à traiter les effets – simple, mais inefficace -, soit nous décidons de prendre le problème à bras le corps et d’apporter des solutions aux causes – plus compliqué, mais très efficace.
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Gil Develey, Paris

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